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07/12/2017 01:55 EST

Le Parlement ukrainien cède à la pression du FMI sur la corruption

Le parlement ukrainien a cédé jeudi à la pression du FMI et de ses bailleurs occidentaux en repoussant le vote d'une loi qui aurait donné aux députés la possibilité de révoquer des enquêteurs du respecté Bureau national anticorruption (Nabu).

Le parti du président Petro Porochenko a annoncé dans un communiqué avoir reporté l'examen de ce projet de loi. Un des auteurs du texte, Artur Guerassimov, a expliqué que ses "collègues ont besoin de deux semaines pour mettre au point un texte alternatif".

Ce projet de loi, qui doit donner au Parlement le droit de révoquer des enquêteurs du Bureau national anticorruption, avait été très critiqué par les bailleurs de fonds occidentaux de Kiev, notamment le FMI et la Banque mondiale.

La patronne du FMI, Christine Lagarde, s'est dit mercredi "profondément concernée par les récents évènements en Ukraine qui pourraient faire revenir en arrière les progrès faits pour mettre en place des institutions s'attaquant à la corruption".

Elle a ajouté que le travail du Nabu et du parquet spécialisé dans la lutte contre la corruption (SAP) était "crucial pour atteindre une croissance plus forte et juste".

Jeudi, la Banque mondiale s'est à son tour déclarée "profondément concernée par les récentes attaques contre les institutions anticorruption indépendantes comme le Nabu et la SAP en Ukraine, qui menacent leur capacité à combattre la corruption".

Créées ces dernières années, le NABU et le SAP sont dans le collimateur des autorités de Kiev depuis le lancement d'une série d'enquêtes contre des hauts-responsables, visant notamment le fils du puissant ministre de l'Intérieur Arsen Avakov, des responsables du ministère de la Défense et le maire de la ville portuaire d'Odessa.

La lutte contre la corruption des élites était l'une des revendications majeures du soulèvement pro-européen du Maïdan en 2013-2014 et reste l'une des exigences clés des soutiens occidentaux au pouvoir actuel, issu de ce mouvement.

Les critiques du pouvoir accusent notamment le président Porochenko de traîner les pieds pour créer une cour anticorruption, un projet plusieurs fois reporté.

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