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07/12/2017 02:52 EST

Guerre des mots sur l'Ukraine entre Etats-Unis et Russie

Les Etats-Unis et la Russie se sont livrés jeudi à un duel verbal à propos de la crise ukrainienne, exposant l'ampleur des divisions à surmonter en vue d'un éventuel compromis sur la question du déploiement de forces de maintien de la paix dans cette région en crise.

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson et son homologue russe Sergueï Lavrov sont au centre de l'attention jeudi à Vienne où se réunissent les ministres des Affaires étrangères et représentants des 57 Etats membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

La réunion annuelle de l'organisation - l'Autriche assurant cette année la présidence tournante - se tient alors que les relations entre Washington et Moscou, que Donald Trump espérait relancer, sont au plus bas.

Le conflit en Ukraine entrave toute amélioration des relations entre les deux pays, comme l'a de nouveau signifié le secrétaire d'Etat américain en employant des mots très durs à l'égard de la Russie, dès l'ouverture des discussions au sein de l'organisation.

"De tous les défis auxquels l'OSCE est confrontée aujourd'hui, aucun n'est plus difficile et frustrant que la situation en Ukraine", a averti M. Tillerson, soulignant que les Etats-Unis ne lèveront pas leurs sanctions tant que durera le contrôle de la Russie sur la Crimée et le Donbass.

Il a relevé qu'il y avait eu plus de civils tués cette année dans l'est de l'Ukraine qu'en 2016, et que les violations du cessez-le-feu avaient augmenté de 60%. "Nous devons être clairs sur la source de cette violence: la Russie arme, dirige, entraîne et se bat aux côtés des forces anti-gouvernementales", a-t-il déclaré.

"Nous appelons la Russie et ses mandataires à mettre fin au harcèlement, à l'intimidation et aux attaques contre la mission de surveillance spéciale de l'OSCE", a-t-il martelé.

Quelque 600 observateurs de l'OSCE sont actuellement chargés de superviser le cessez-le-feu plus que fragile entre les forces de Kiev et les rebelles séparatistes soutenus par la Russie.

- "Crise de confiance" -

Moscou soutient depuis plusieurs mois le déploiement de Casques bleus pour protéger cette mission de l'OSCE. Mais les puissances occidentales plaident pour un mandat plus étendu visant au maintien de la paix dans toute la région disputée du Donbass.

Cette hypothèse d'un mandat élargi est inacceptable pour le ministre russe des Affaires étrangères qui l'a assimilée jeudi à "une administration d'occupation (...) ayant pour objectif d'enterrer un ensemble de mesures unanimement approuvées par le Conseil de sécurité de l'ONU, et de résoudre ce problème par la force".

La question du déploiement de forces de maintien de la paix en Ukraine -qui ne relève pas des discussions au sein de l'OSCE- devrait être abordée lors d'une rencontre bilatérale jeudi entre Sergueï Lavrov et son homologue américain.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe est une instance de discussion dans le domaine politico-militaire, de l'économie, des droits de l'Homme pour 57 pays allant des Etats-Unis à la Mongolie, en passant par le Canada, l'ensemble du continent européen, l'Asie centrale et la Russie.

L'OSCE a été créée pendant la guerre froide pour faciliter le dialogue entre l'Est et l'Ouest.

Depuis que la crise ukrainienne a éclaté, l'organisation a servi de forum où l'Ukraine, la Russie, les Européens et les Etats-Unis ont pu dialoguer.

Mais l'OSCE est aussi la chambre d'écho des tensions diplomatiques mondiales, notamment entre Moscou, Washington et l'Europe, qui entravent le processus de décision au sein de l'organisation. Plusieurs postes-clef sont restés vacants de longs mois en raison de désaccords entre les membres de l'OSCE qui ont finalement trouvé un compromis cet été.

"Nous avons atteint un point bas absolu s'agissant de la confiance entre les principaux acteurs", a déclaré jeudi avant l'ouverture de la réunion de l'OSCE son secrétaire général, Thomas Greminger. Le ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastian Kurz a également déploré cette "crise de confiance" qui bloque les efforts vers plus de "sécurité".

dc/smk/ces