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04/12/2017 04:32 EST

Allemagne: remous chez l'allié bavarois du parti de Merkel

La famille politique conservatrice d'Angela Merkel est confrontée à des remous en interne au sein du parti bavarois CSU, au moment où elle tente de convaincre les sociaux-démocrates d'une alliance pour gouverner le pays.

Horst Seehofer, l'homme fort du parti bavarois chrétien-social CSU --mouvement-frère des démocrates chrétiens de la chancelière allemande (CDU)-- a annoncé lundi son intention de quitter début 2018 son poste de chef du gouvernement régional de Bavière face à une contestation en interne.

"Je vais quitter mon poste dans le courant du premier trimestre 2018", a déclaré M. Seehofer lors d'une conférence de presse à Munich, à l'issue de plusieurs réunions avec les élus et dirigeants de son mouvement.

"Je prépare ainsi le terrain à un renouveau à la tête de la Bavière et permets une transition ordonnée ce qui, dans le monde politique, ne constitue pas la règle", a-t-il ajouté.

Ministre-président de Bavière, le plus grand Etat régional allemand, depuis 2008, M. Seehofer a accepté de laisser sa place à son principal rival au sein de la CSU, Markus Söder.

Ce dernier sera du coup aussi tête de liste du parti lors d'élections régionales prévues à l'automne. "C'est un nouveau chapitre qui s'ouvre", a déclaré à la presse M. Söder. "J'accepte cette mission avec beaucoup d'envie", a-t-il ajouté.

Horst Seehofer compte en revanche rester président de la CSU. Il pourrait aussi, selon les médias allemands, hériter d'un poste de ministre au plan national en 2018 si une coalition voit le jour entre conservateurs allemands (CDU et CSU) et sociaux-démocrates.

L'homme fort de la CSU fait les frais d'une guerre des chefs en interne qui dure depuis déjà plusieurs mois et a gagné en ampleur après le mauvais résultat du mouvement aux législatives de septembre.

Le parti n'a récolté que 38% des voix dans son fief bavarois, soit 10 points de moins que quatre ans auparavant, son plus mauvais score depuis 1949 dans une région où il était traditionnellement proche de la majorité des suffrages. En cause: la progression de l'extrême droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD).

Un vent de panique souffle depuis au sein de la CSU en vue des élections régionales de l'automne 2018, où le parti pourrait perdre la majorité absolue. Il est crédité actuellement de 37% dans les sondages.

Horst Seehofer se voit reprocher en interne de ne pas avoir réussi à contenir la progression de l'AfD, ni peser suffisamment sur la politique migratoire d'Angela Merkel que la CSU n'a cessé de critiquer suite à l'entrée de plus d'un million de demandeurs d'asile en 2015 et 2016.

Avec son départ programmé de la tête du Land de Bavière, poste-clé à la CSU, il se retrouve affaibli.

Ce n'est pas une bonne nouvelle non plus pour Angela Merkel, au moment où elle est engagée avec Horst Seehofer dans des tractations difficiles avec le SPD, pour tenter de convaincre les sociaux-démocrates de former une nouvelle coalition gouvernementale.

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