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01/12/2017 06:57 EST

Yémen: négociations au sein du camp rebelle après des accrochages meurtriers

Houthis et partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh ont entamé des négociations vendredi pour tenter de faire baisser les tensions au sein du camp rebelle au Yémen après des accrochages meurtriers cette semaine dans la capitale Sanaa.

Le Congrès populaire général (CPG) et le mouvement des Houthis, également connu sous le nom de Ansarullah, ont tous deux confirmé avoir dépêché des représentants à ces discussions après deux nuits de heurts qui ont fait craindre l'ouverture d'un nouveau front dans la guerre au Yémen.

Le CPG a indiqué qu'un comité conjoint avait lancé des pourparlers à Sanaa pour trouver "une solution qui rétablirait le calme", dans un communiqué publié vendredi.

Les Houthis, rebelles issus d'une importante minorité concentrée dans le nord du Yémen, ont eux aussi confirmé avoir envoyé des représentants à la réunion.

"Le chef du Conseil politique suprême, Saleh al-Samad, a chargé un comité (...) pour mettre fin aux accrochages ayant eu lieu dans des rues du sud de Sanaa hier", indique un communiqué diffusé par l'agence de presse Saba contrôlée par les rebelles.

De nouveaux heurts entre les deux composantes du camp rebelle ont fait trois morts dans le camp de Ali Abdallah Saleh après que les Houthis ont attaqué dans la nuit la résidence de Tarek Saleh, neveu de l'ex-président et un commandant militaire de ses forces, selon le CPG.

- 'Surpris par une attaque' -

"Nous avons été surpris par une attaque d'Ansarullah contre les gardes de la résidence du général de brigade Tarek Saleh, qui a coûté la vie à trois personnes et blessé trois autres", indique le parti dans un communiqué.

"Nous considérons Ansarullah comme entièrement responsable" de cette attaque, ajoute-t-il.

Jeudi soir, des dizaines de milliers de partisans des Houthis ont fait une démonstration de force à Sanaa au lendemain d'affrontements meurtriers avec les pro-Saleh qui ont fait au moins 14 morts (9 Houthis et 5 pro-Saleh).

Les deux camps sont pourtant officiellement alliés depuis qu'ils se sont emparés de la capitale Sanaa en septembre 2014, poussant à la fuite le gouvernement.

Les Houthis sont issus de l'importante minorité zaïdite, branche dissidente du chiisme. Ils sont soutenus par l'Iran qui nie cependant leur fournir le moindre appui militaire.

M. Saleh, à la tête du Yémen pendant plus de 30 ans, a dû quitter le pouvoir en 2012 à la suite d'importantes manifestations. Il a été remplacé par Abd Rabbo Mansour Hadi.

En mars 2015, une coalition formée par l'Arabie saoudite est intervenue au Yémen pour venir en aide aux forces pro-Hadi, mais la situation militaire est quasiment figée, le camp Houthis-Saleh étant maître du Nord et les troupes loyalistes contrôlant le Sud.

Ce n'est pas la première fois que des tensions éclatent au sein du camp rebelle. En août des heurts avaient fait trois morts.

Le conflit au Yémen a fait plus de 8.750 morts dont de nombreux civils et provoqué "la pire crise humanitaire de la planète", selon les Nations unies, dans ce pays déjà considéré comme le plus pauvre de la péninsule arabique. En outre plus de 2.000 personnes sont mortes de choléra.

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