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01/12/2017 08:37 EST

USA: les républicains confiants pour l'adoption de la réforme de la fiscalité

Le Sénat américain votera bien vendredi sur la grande baisse d'impôts promise par le président Donald Trump, la majorité républicaine estimant avoir résolu d'ultimes différends pour limiter les défections dans ses rangs.

Alors que l'actualité américaine était bouleversée vendredi matin par l'annonce de l'inculpation de l'ancien conseiller présidentiel Michael Flynn pour déclarations mensongères au FBI dans l'enquête russe, les sénateurs républicains se sont mis d'accord sur la forme finale de leur grand texte de refonte fiscale, après qu'un article a été retoqué jeudi soir pour des raisons techniques. Un soudain accroc qui avait donné des sueurs froides aux chefs de la majorité.

Après une réunion de groupe au Capitole, les élus étaient de nouveau optimistes.

"Nous avons les voix", a dit aux journalistes le chef de la majorité, Mitch McConnell.

"On a tout résolu", a dit le sénateur John Hoeven. "Nous avons 50 voix", a-t-il assuré.

Il y a 52 sénateurs républicains sur 100 sièges, et la majorité n'a donc droit qu'à deux défections, tous les démocrates étant opposés.

Le conseiller parlementaire de la Maison Blanche, Marc Short, affichait le même optimisme: "Nous avons hâte de tout finir aujourd'hui".

Selon plusieurs élus, une série de votes sur des amendements aura lieu vendredi après-midi, avant un vote final en fin de journée.

Finalement, l'impôt sur les sociétés sera bien réduit à 20% (contre 35% aujourd'hui), selon le sénateur Ron Johnson, alors qu'une poignée de conservateurs s'étaient inquiétés que cette forte réduction ne creuse irrémédiablement les déficits publics.

Plusieurs membres de la majorité qui menaçaient de faire défection sont rentrés dans le rang depuis 24 heures, notamment John McCain, Steve Daines, Ron Johnson et Jeff Flake.

"Je suis heureux d'annoncer que je voterai en faveur de la réforme de la fiscalité", a annoncé Jeff Flake, qui dit avoir obtenu en échange de sa voix un engagement de la majorité et de la Maison Blanche à collaborer pour régulariser des centaines de milliers de jeunes clandestins qui sont menacés d'expulsion à partir de mars prochain, les "Dreamers".

La Chambre des représentants a déjà adopté un projet de réforme fiscale le 16 novembre. Si le Sénat adopte sa version, les deux chambres devront harmoniser leurs textes et revoter, avec un objectif fixé à la fin de l'année.

- Mesures controversées -

La majorité républicaine était relativement soudée sur l'architecture de la réforme: une forte baisse d'impôts pour les entreprises et pour les particuliers, ainsi qu'une grande simplification fiscale qui permettrait aux Américains de remplir leur déclaration d'impôts sur une "carte postale", alors qu'aujourd'hui des millions de contribuables utilisent des logiciels payants ou des comptables pour remplir leurs feuilles d'impôts.

Le but affiché: soulager la classe moyenne et doper la croissance.

Mais certains conservateurs, emmenés par Bob Corker et Jeff Flake, s'inquiètaient de voir leur parti fouler aux pieds l'orthodoxie budgétaire qu'il a longtemps prêchée lorsque Barack Obama occupait la Maison Blanche.

La réforme ajoutera en effet 1.000 milliards de dollars aux déficits publics sur la prochaine décennie, selon le Joint Committee on Taxation.

Les experts de cette commission non partisane estiment que la baisse d'impôts coûtera 1.400 milliards de dollars aux comptes publics entre 2018 et 2027, qui ne seront que partiellement compensés par 400 milliards de recettes fiscales générées par un regain de croissance estimé à 0,8 point de PIB par an en moyenne sur la décennie.

Initialement, les promoteurs de la baisse d'impôts affirmaient qu'elle serait autofinancée par la croissance.

D'autres volets de la réforme sont controversés, notamment la suppression de l'obligation de souscrire une assurance maladie, l'un des piliers de la loi santé de Barack Obama, et l'ouverture de terres protégées de l'Alaska aux forages pétroliers.

ico/elc