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01/12/2017 09:21 EST

Roumanie : le président loue la mobilisation pour une justice indépendante

Le président de centre droit Klaus Iohannis a salué vendredi la "mobilisation sans précédent", à travers de nombreuses manifestations, des Roumains en faveur d'une justice indépendante, dans un discours à l'occasion de la fête nationale boycotté par les dirigeants de la majorité de gauche.

Les rassemblements géants organisés en janvier-février contre une tentative d'affaiblir la lutte anticorruption, reproduits à une moindre échelle ces dernières semaines, ont été l'oeuvre de "citoyens prêts à défendre la démocratie et l'Etat de droit", a déclaré M. Iohannis.

"L'existence d'une société active, capable de sanctionner les erreurs et les dérapages des politiques, représente le grand acquis de cette année", a-t-il ajouté.

Plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées au même moment sous la pluie devant le siège du gouvernement, accusant les sociaux-démocrates de "menacer l'indépendance de la justice".

Mobilisés sur les réseaux sociaux, les manifestants brandissant des drapeaux roumains et de l'Union européenne ont scandé "Justice, pas corruption !".

Ils ont réclamé le retrait de trois projets de loi actuellement en débat au Parlement qui réformeraient le système judiciaire et réduiraient les pouvoirs du parquet anticorruption (DNA).

Ces projets sont à l'origine d'une nouvelle vague de contestation contre le PSD, après le mouvement de protestation d'une ampleur sans précédent depuis la chute du régime communiste fin 1989, qui avait forcé l'hiver dernier la majorité de centre gauche à faire machine arrière.

Dans son discours prononcé au palais présidentiel devant plusieurs centaines de personnes, M. Iohannis a dénoncé "une partie de la classe politique qui pense pouvoir toujours abuser du pouvoir (...) et prendre la Roumanie en otage pour atteindre ses buts, au risque de la détourner de son parcours euro-atlantique".

"De crainte de la justice et de l'Etat de droit, d'aucuns inventent des scénarios sur un autre type d'Etat", a-t-il lancé, une allusion aux leaders de la majorité, Liviu Dragnea et Calin Popescu-Tariceanu, sous le coup d'enquêtes du DNA, qui se disent victimes des machinations d'un "Etat parallèle".

MM. Dragnea et Tariceanu, qui président respectivement la Chambre des députés et le Sénat, ont été les grands absents de cette cérémonie, tout comme du défilé militaire organisé à Bucarest dans la matinée.

mr/bds