NOUVELLES
01/12/2017 01:44 EST

Le patriarche de Kiev appelle l'Eglise russe à la réconciliation

Le patriarche de Kiev Filaret a appelé l'Eglise orthodoxe russe à la réconciliation après des années de tensions exacerbées par la crise ukrainienne, estimant qu'il était temps de "mettre fin aux divisions entre chrétiens orthodoxes".

Après l'indépendance de l'Ukraine en 1991, suite à la chute de l'URSS, Filaret, ancien hiérarque du Patriarcat de Moscou, a créé une Eglise orthodoxe ukrainienne dont il s'est autoproclamé patriarche, ce qui lui a valu d'être excommunié par Moscou.

Dans une lettre au patriarche de Moscou Kirill datée du 16 novembre et rendue publique vendredi, le patriarche de Kiev lui demande de prendre "les décisions qui permettront de mettre fin à la confrontation actuelle", expliquant "souhaiter mettre fin aux divisions et dissensions entre chrétiens orthodoxes".

"Ces dernières années, de nombreuses vexations et discordes ont assombri les relations entre les orthodoxes de nos pays", écrit-il. "Je demande pardon pour avoir pêché en paroles, en action et par mes sentiments. Et de la même façon, de tout mon coeur j'accorde mon pardon sincère à tous".

Cette lettre, que le patriarcat de Kiev devait expliquer vendredi lors d'une conférence de presse, intervient au moment où se tient dans la capitale russe une réunion des évêques du Patriarcat de Moscou. Vladimir Poutine y était attendu vendredi, une première pour un président russe.

Revendiquant 11.000 paroisses, l'église orthodoxe ukrainienne dépendante du patriarcat de Moscou reste la plus importante communauté religieuse du pays, devant l'église du patriarche Filaret, dont l'existence n'est reconnu par aucune Eglise orthodoxe dans le monde.

Les relations entre ces deux églises sont souvent tendues et ont été exacerbées avec la crise russo-ukrainienne marquée par l'annexion de la Crimée en mars 2014 suivie du conflit dans l'Est séparatiste prorusse de l'Ukraine qui a fait plus de 10.000 morts.

Dans un communiqué, le patriarcat de Moscou a estimé que cette lettre témoignait "de la volonté de commencer des négociations pour surmonter notre triste division qui dure depuis un quart de siècle", précisant avoir créé une "commission" dans ce sens.

os-gmo/nm/sba