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01/12/2017 04:57 EST

La veuve d'un des assassins de Massoud déchue de sa nationalité belge

Malika el-Aroud, veuve de l'un des assassins du commandant afghan Massoud, condamnée en 2010 à Bruxelles pour avoir recruté pour le jihad, a été déchue de sa nationalité belge, a indiqué vendredi son avocat à l'AFP confirmant des informations de presse.

L'arrêt rendu jeudi par la cour d'appel de Bruxelles a été qualifié d'"exceptionnel" par la presse belge, la procédure ne pouvant s'appliquer que dans des cas restreints.

Concernant Mme el-Aroud, sortie de prison il y a un an, la justice a invoqué le "manquement grave aux devoirs de citoyen belge" pour lui retirer la nationalité. Cette déchéance ne peut viser que des Belges disposant d'une deuxième nationalité.

A l'audience fin octobre, l'avocat général avait reproché à cette Belgo-Marocaine de 58 ans d'avoir "propagé depuis des années de façon continue le jihadisme" en Belgique, selon le quotidien flamand De Standaard.

Surnommée "la veuve noire du jihad", elle avait été condamnée en 2010 à huit ans de prison pour avoir animé un réseau de recrutement pour le jihad réputé proche d'Al-Qaïda.

En 2003, lors d'un précédent procès qui lui avait valu un simple avertissement, elle avait loué l'acte criminel commis deux ans plus tôt en Afghanistan par son premier mari.

Ce dernier, le Tunisien Abdessatar Dahmane, est l'un des deux hommes partis de Bruxelles qui s'étaient fait passer pour des journalistes pour accéder à Ahmad Shah Massoud, chef de la résistance anti-talibans, et l'assassiner lors d'une attaque-suicide, à l'avant-veille du 11 septembre 2001.

Les justices belge et française ont ensuite mis en évidence que les deux assassins, partis en Afghanistan munis de faux passeports belges, avaient bénéficié d'un vaste réseau de soutien logistique de part et d'autre de la frontière franco-belge.

Outre Malika el-Aroud, le Belgo-Tunisien Bilal Soughir a également été déchu de sa nationalité belge jeudi par la cour d'appel de Bruxelles.

Cet homme de 44 ans, également condamné pour avoir recruté pour le jihad, était à l'origine du départ en Irak de la Belge Muriel Degauque, tuée là-bas dans un attentat-suicide en 2005, a souligné le quotidien La Libre Belgique.

La jeune femme, convertie à l'islamisme radical, s'était faite exploser en novembre 2005 au passage d'un convoi de l'armée américaine à Bakouba, tuant cinq policiers irakiens qui les escortaient. C'était la première fois qu'une jeune Occidentale convertie acceptait d'endosser le rôle de kamikaze.

Selon La Libre Belgique, il n'y a eu en Belgique qu'une dizaine de cas de déchéance de nationalité.

mad/agr/ces