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01/12/2017 03:02 EST

Italie/AC Milan - Gattuso, le pitbull devenu "Mister"

Sur le terrain, sa volonté et sa rage lui ont permis de réussir une carrière immense en dépit de qualités modestes. A partir de dimanche, Gennaro Gattuso retrouve l'AC Milan en tant qu'entraîneur et va devoir transmettre à ses joueurs cette ardeur, mais pas seulement.

Que sait-on de Gattuso l'entraîneur, "il Mister", comme disent les Italiens ? Pas grand-chose, car son parcours tortueux, qui l'a mené de Sion à la Primavera du Milan en passant par l'OFI Crète, Palerme ou Pise, n'a pas laissé beaucoup de traces ni d'images.

La tentation est donc grande de l'imaginer sur un banc de touche tel qu'il était sur un terrain, hurlant, transpirant, enragé et guerrier, contaminant les siens de sa débordante envie de gagner. Mais Gattuso n'est pas d'accord.

"Je trouve ça réducteur d'entendre toujours parler du +Rino+ Gattuso joueur. Je suis passé par Coverciano et ils ne m'ont pas fait cadeau du diplôme. Un match, ça ne se prépare pas seulement avec la grinta, le coeur et l'agressivité. Il faut aussi des connaissances", a-t-il dit cette semaine lors de sa conférence de presse de présentation.

"Mais c'est vrai, si je fais un petit foot avec mon fils, je veux gagner", a-t-il tout de même reconnu, fidèle à sa légende.

De toute façon, il est clair que pour le Milan, seulement septième à déjà 11 points de la zone qualificative pour la Ligue des champions, les vertus guerrières ne suffiront pas, même si elles ne peuvent pas faire de mal.

Les rossoneri ont besoin d'une série de bons résultats et Gattuso, qui à chacun de ses postes de coach - à l'exception de celui de la Primavera milanaise - a débuté par un succès, a de bonnes chances de partir du bon pied avec un déplacement dimanche à Benevento, qui compte 14 défaites en 14 matches.

"Je ne regarde pas le classement. J'avance au jour le jour. Le match contre Benevento devra être comme une finale de Coupe du monde", a-t-il pourtant assuré.

- 'Au paradis' -

Lui qui a justement été champion du monde, en 2006, sait bien que le Milan qu'il retrouve n'est pas celui qu'il a connu en tant que joueur de 1999 à 2012, malgré les 200 millions d'euros investis cet été sur le mercato par les nouveaux propriétaires chinois.

Musacchio n'est pas Nesta, Biglia n'est pas Kaka et Kalinic n'est pas Shevchenko. Peu importe pour Gattuso. "Je ressens la même émotion que quand j'étais joueur. Quand je viens à Milanello, je suis comme au paradis."

Les doutes quant à son avenir sur le banc rossonero ont pourtant surgi immédiatement après sa désignation en remplacement de Vincenzo Montella, qui n'a pas réussi à trouver la bonne formule pour ce Milan reconstruit.

Car d'autres grands anciens, comme Clarence Seedorf ou Filippo Inzaghi, ont essayé avant lui de relancer le club lombard, dont le dernier scudetto remonte à 2011, quand Gattuso courait encore au milieu de terrain. Et ils ont échoué.

"Gattuso n'a pas été choisi pour faire le bouche-trou ou parce qu'il n'y aurait pas financièrement la possibilité de faire autrement. Il est le bon choix en ce moment", a assuré Marco Fassone, l'administrateur délégué du club.

"Je ne me sens pas intérimaire", a confirmé Gattuso. Mais la suite de sa longue et belle histoire avec le Milan dépendra des résultats, et ils sont incertains. La seule garantie, c'est que Gattuso donnera tout. Il ne sait pas faire autrement.

stt/fcc/ama