NOUVELLES
01/12/2017 04:32 EST

Iran: une Irano-britannique accusée d'avoir participé à des "projets secrets"

La télévision d'Etat iranienne a accusé vendredi l'Irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe d'avoir participé à des projets "secrets" contre Téhéran pour le compte des gouvernements britannique et américain.

Condamnée à cinq ans de prison en septembre 2016 pour participation à des manifestations antirégime en 2009, Mme Zaghari-Ratcliffe doit selon son époux de nouveau comparaître devant la justice iranienne le 10 décembre sous l'accusation de "diffusion de propagande".

Les accusations de participation à des "projets secrets" ont été portées contre Mme Zaghari-Ratcliffe dans une vidéo mise en ligne par la télévision d'Etat.

Une précédente vidéo à charge avait été diffusée le 23 novembre contre l'Irano-britannique.

Les deux vidéos accusent Mme Zaghari-Ratcliffe d'avoir participé au lancement de la chaîne BBC Persian avant 2009 et d'avoir participé au recrutement et à la formation des journalistes iraniens de la BBC Persian, une chaîne diffusée en persan depuis Londres et perçue comme un média hostile par le pouvoir.

La BBC avait déjà démenti des accusations similaires en affirmant que l'Irano-britannique n'avait jamais été "impliquée dans le lancement de la BBC en persan" même si elle avait travaillé entre février 2009 et octobre 2010 pour BBC World Service Trust (devenu BBC Media Action), qui n'est pas lié au service en persan de la chaîne britannique.

Selon les deux vidéos, elle rejoint ensuite Thomson Reuters et le programme "Training Station" pour mener des activités "contre la République islamique".

Elle avait pour "objectif de former des gens pour rassembler des informations sur l'Iran sous couvert d'activités journalistiques avec un financement direct de l'USAID (l'Agence des Etats-Unis pour le développement international), qui dépend du Département d'Etat américain et de la CIA", accuse la vidéo.

En octobre, son employeur, la Fondation Thomson Reuters, liée à l'agence de presse canado-britannique du même nom, avait indiqué qu'elle risquait de voir sa peine rallongée de 16 ans après de nouvelles accusations portées par la République islamique.

"Ces accusations sont liées à son travail au sein de la BBC Media Action et de la Fondation Thomson Reuters. Elles soutiennent que son travail caritatif était un écran pour renverser le régime iranien", avait déclaré la directrice de la Fondation Thomson Reuters, Monique Villa.

Mme Zaghari-Ratcliffe avait été arrêtée à l'aéroport de Téhéran le 3 avril 2016 après une visite à sa famille en Iran avec sa fille Gabriella, née au Royaume-Uni et aujourd'hui âgée de trois ans.

sgh/mj/feb