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01/12/2017 04:46 EST

Hongrie: Orban "a beaucoup changé", déplore Soros

Dans une série de vidéos en hongrois diffusées vendredi, le milliardaire américain George Soros relève ironiquement que Viktor Orban a "beaucoup changé" depuis l'époque où l'actuel Premier ministre souverainiste hongrois était une figure de proue de l'opposition anti-communiste.

"A l'époque, il était l'un des meneurs qui ont aidé à mettre en place la démocratie" dans le pays, rappelle le financier d'origine hongroise, devenu depuis un an une bête noire du dirigeant en raison de son soutien à des ONG de défense des droits.

Mais "il a transformé la démocratie en un régime anti-démocratique. Il a créé un pays mafieux", juge M. Soros, selon qui "le système de la Hongrie actuelle est le parfait opposé de ce que nous voulions promouvoir".

Ces vidéos s'inscrivent dans le cadre d'une contre-offensive lancée fin novembre par M. Soros en réponse à une consultation nationale lancée par M. Orban qui l'accuse de vouloir favoriser une immigration de masse vers l'UE, des affirmations "fausses et mensongères" selon le milliardaire.

Les relations entre les deux hommes ont pourtant été au beau fixe à l'époque où M. Orban était une des principales personnalités de l'opposition libérale au régime communiste, a rappelé M. Soros, qui avait créé une fondation en Hongrie dès 1984.

"J'ai connu M. Orban quand j'ai créé cette fondation, car elle a apporté son soutien à la formation du Fidesz (en 1988, ndlr)", affirme le milliardaire. "Nous avons été en contact pendant une très longue période" et "tout le monde sait que nous avons offert une bourse à M. Orban pour étudier à Oxford".

Devenu ces dernières années un admirateur revendiqué du président russe Vladimir Poutine, M. Orban s'est depuis fait un chantre d'un Etat "illibéral" et d'une ligne résolument anti-migrants.

Régulièrement accusé de dérives autoritaires, le dirigeant, qui briguera un troisième mandat consécutif en avril, a également multiplié depuis son retour au pouvoir en 2010 les provocations envers l'UE, dont son pays est pourtant un des principaux bénéficiaires des fonds structurels.

Dans une mesure visant notamment M. Soros, il a fait adopter en juin une loi obligeant les ONG recevant plus de 24.000 euros de financements étrangers par an à se soumettre à un enregistrement spécifique, ce qui a provoqué l'ouverture par Bruxelles d'une procédure d'infraction.

"Notre relation a mal tourné car il a mal tourné. Il a beaucoup changé", estime M. Soros.

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