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01/12/2017 06:30 EST

Flynn, ancien conseiller de Trump, inculpé dans l'affaire russe

L'affaire russe a connu vendredi un spectaculaire coup d'accélérateur avec l'inculpation de Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, accusé d'avoir menti au FBI.

La vaste enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016 - et les liens présumés entre des proches de M. Trump et Moscou - fait peser depuis plusieurs mois une lourde épée de Damoclès au-dessus du locataire de la Maison Blanche.

M. Flynn, ancien directeur du renseignement militaire américain, devait être présenté à un juge à Washington à 10H30 (15H30 GMT).

Selon les médias américains, il devait plaider coupable, ce qui semble indiquer qu'il est désormais disposé à coopérer avec les enquêteurs.

Cet ancien général, très virulent durant la campagne où il appelait à mettre Hillary Clinton "derrière les barreaux", avait été poussé à la démission moins d'un mois après sa nomination.

Les questions sur toutes les lèvres dans la capitale fédérale américaine sont désormais: quelles informations cet homme aux traits sévères s'est-il engagé à livrer aux enquêteurs ? Jusqu'où ira-t-il pour tenter d'échapper à la prison ? Mettra-t-il directement en cause des proches de Donald Trump, voire le président lui-même ?

Il a été inculpé jeudi entre autre pour avoir menti sur la teneur de ses échanges avec l'ambassadeur russe à Washington sous Barack Obama, Sergueï Kisliak, notamment au sujet des sanctions imposées par les Etats-Unis à la Russie.

"Le 24 janvier 2017, l'accusé Michael T. Flynn a obstinément et sciemment émis des déclarations qui sont matériellement fausses, imaginaires et frauduleuses", soulignent les enquêteurs du procureur Mueller dans le court document d'inculpation.

- Trump reste muet -

Ni le président américain ni la Maison Blanche n'avaient réagi en milieu de matinée à ce rebondissement de taille qui assombrit ce qui s'annonçait comme une journée de victoire pour M. Trump avec le vote probable par le Sénat de sa grande réforme fiscale.

L'ancien homme d'affaires de New York a toujours réfuté la moindre "collusion" avec la Russie et dénonce régulièrement une "chasse aux sorcières" orchestrée par ceux qui refuseraient d'accepter sa victoire.

Le dirigeant américain, aidé par plusieurs élus républicains et une partie du monde conservateur, tente régulièrement de déplacer l'affaire du terrain judiciaire au terrain politique. Il a tenté - sans grand succès à ce jour - d'allumer des contre-feux visant les démocrates et Hillary Clinton.

M. Flynn est la quatrième personne proche de M. Trump mise en cause dans cette enquête menée par Robert Mueller qui, contrairement à un simple procureur fédéral, dispose d'une plus grande latitude d'action et d'une indépendance renforcée.

Une première vague d'inculpations avait eu lieu fin octobre avec la mise en accusation de Paul Manafort, l'ex-directeur de cette équipe de campagne et Richard Gates. Un troisième, George Papadopoulos, a plaidé coupable d'avoir menti aux enquêteurs du FBI et accepté de collaborer avec les enquêteurs.

Connu pour son indulgence avec la Russie et sa ligne très dure face à l'extrémisme islamique, Michael Flynn est considéré comme un personnage central de cette enquête.

En décembre, son fils Michael Flynn Jr. avait été écarté de l'équipe de transition de Donald Trump pour avoir relayé des théories conspirationnistes. Une rumeur avait fait état pendant la campagne électorale de l'existence d'un réseau pédophile abrité par une pizzeria de Washington, impliquant un proche d'Hillary Clinton, une affaire connue sous le nom de "Pizzagate".

jca/sha