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01/12/2017 04:32 EST

Affaire Zarrab: Ankara exhorte le magnat à "revenir sur son erreur"

Le Premier ministre turc a exhorté l'homme d'affaires Reza Zarrab à "revenir sur son erreur" après qu'il eut impliqué le président Recep Tayyip Erdogan dans le contournement de l'embargo américain contre l'Iran lors d'un procès à New York.

"J'espère qu'il (Zarrab) reviendra sur son erreur", a déclaré le Premier ministre Binali Yildirim lors d'un discours à Istanbul.

M. Zarrab, magnat de l'or turco-iranien arrêté à Miami en mars 2016, est le témoin-clé dans un procès à New York d'un dirigeant de la banque publique turque Halkbank, Mehmet Hakan Atilla, accusé d'avoir aidé l'Iran a contourner les sanctions américaines contre l'Iran.

M. Zarrab, 34 ans, était lui-même censé comparaître comme accusé lors de ce procès, avant d'en devenir le témoin-clé après avoir plaidé coupable et décidé de coopérer avec le gouvernement américain.

Il a expliqué mercredi qu'il avait décidé de plaider coupable dans l'espoir de sortir de prison le plus rapidement possible.

M. Zarrab "a lui-même dit que le chemin le plus court hors de prison était de +balancer+", a poursuivi M. Yildirim en commentant l'explication donnée par l'homme d'affaires à sa décision de coopérer avec la justice américaine.

Au deuxième jour de sa déposition, jeudi, M. Zarrab a déclaré qu'en octobre 2012 M. Erdogan, alors Premier ministre, avait donné des "instructions" pour que deux autres banques turques puissent elles aussi participer au stratagème dont Halkbank était la plaque tournante pour contourner les sanctions contre l'Iran.

"Ce procès n'a plus rien de légal, il a pris une tournure totalement politique. L'objectif est de coincer la Turquie. C'est de coincer l'économie turque. C'est de mettre en difficulté l'économie turque. Mais nous en avons vu d'autres", a poursuivi M. Yildirim.

Il a affirmé que la justice américaine était instrumentalisée par le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, bête noire d'Ankara, dans le but de ternir l'image de la Turquie et de M. Erdogan.

M. Gülen, qui vit aux Etats-Unis, est accusé par Ankara d'avoir orchestré le putsch manqué contre M. Erdogan en juillet 2016, ce que l'intéressé dément.

Lors du premier jour de sa déposition, mercredi, M. Zarrab avait affirmé avoir versé des dizaines de millions d'euros en pots-de-vin au ministre de l'Economie turc de l'époque Zafer Caglayan.

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