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29/11/2017 09:25 EST

Venezuela: HRW dénonce des "violences généralisées" contre l'opposition

Des "violences généralisées" et tortures sont commises au Venezuela contre des opposants au président Nicolas Maduro, a dénoncé mercredi l'organisation Human Rights Watch dans un rapport qui en fait remonter la responsabilité jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir.

Ces violences incluent "des cas flagrants de torture et une impunité absolue pour les assaillants", a souligné José Miguel Vivanco, directeur pour les Amériques de l'ONG américaine.

"Il ne s'agit pas de violences isolées ou d'excès occasionnels perpétrés par des policiers véreux mais bien une pratique systématique des forces de l'ordre vénézuéliennes", a poursuivi José Miguel Vivanco, pointant vers une "responsabilité gouvernementale aux plus hauts niveaux".

Le rapport recense 88 cas, impliquant au moins 314 personnes et relevés entre avril et septembre 2017, lorsqu'une vague de manifestations antigouvernementales a fait environ 125 morts.

"Des membres des forces de sécurité ont frappé brutalement des détenus et les ont torturés à coup de décharges électriques, asphyxies, agressions sexuelles et d'autres techniques brutales", explique le rapport.

"Les forces de sécurité ont fait un usage disproportionné de la force, ont commis des abus violents contre la population dans les rues, ont mené des arrestations arbitraires et poursuivi des opposants au gouvernement", selon HRW.

Basé sur des entretiens avec des victimes et leurs proches, ainsi que des rapports médicaux et des photos, le rapport a été élaboré conjointement entre HRW et le groupe vénézuélien de défense des droits de l'homme Penal Forum.

Riche en pétrole, le Venezuela est plongé dans une profonde crise économique et politique. Frappé par des pénuries et une hyperinflation, il se trouve, selon les agences de notation de crédit Standard & Poor's et Fitch, en situation de défaut de paiement partiel.

Successeur de Hugo Chavez, Nicolas Maduro, élu en 2013, a annoncé mercredi qu'il briguera un nouveau mandat en 2018. Le scrutin présidentiel est prévu en décembre 2018 mais certains experts estiment qu'il pourrait être avancé au mois de mars.

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