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29/11/2017 05:21 EST

"Un accord proche" sur le règlement financier du Brexit

Le Royaume-Uni est "très proche" d'un accord avec Bruxelles sur le règlement financier du Brexit, a jugé mercredi un commissaire européen, mais les chiffres avancés par les médias, qui s'élèvent jusqu'à 55 milliards d'euros, ont provoqué la colère des élus britanniques.

"Je me félicite que le Royaume-Uni ait présenté des propositions très proches des exigences des 27 États membres de l'UE (...) afin de parvenir à un accord" sur la première partie des négociations, a affirmé le commissaire irlandais Phil Hogan.

Selon le Daily Telegraph et le Financial Times, l'exécutif britannique serait tombé d'accord avec les 27 sur un mode de calcul qui devrait l'amener à payer entre 45 et 55 milliards d'euros.

Le gouvernement britannique a démenti qu'un accord ait été trouvé sur le montant de la facture que pourrait régler le Royaume-Uni en quittant l'Union européenne, qualifiant de "spéculations" les chiffres avancés.

"Notre équipe de négociateurs est actuellement à Bruxelles pour discuter du Brexit", a affirmé devant les députés Elizabeth Truss, la secrétaire en chef du Trésor. "Il serait complètement incorrect d'outrepasser ces discussions en commentant les spéculations sur un accord financier".

Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a également démenti mercredi un accord mais dit espérer que ce soit le cas "la semaine prochaine".

Quoiqu'il en soit, certains analystes estiment que Londres pourrait ne jamais jouer la transparence sur un chiffre pour éviter de s'exposer à la critique sur ce sujet très sensible sur le plan intérieur.

Déjà, le chiffre qui circule a provoqué la colère dans la classe politique britannique.

Dans une tribune publiée par le Daily Telegraph, Nigel Farage, député européen et ex-chef du parti europhobe Ukip, a jugé "inacceptable" un tel accord.

"S'entendre sur une somme aussi importante avec en retour la seule promesse d'un accord convenable sur notre future relation commerciale est une véritable trahison", a-t-il estimé.

De l'autre côté du spectre politique, le leader du Parti libéral démocrate, formation farouchement opposée au Brexit, a souligné la double perte subie par le Royaume Uni, qui doit payer "un lourd tribut" pour quitter une institution "dont il a bénéficié depuis des décennies". Il a renouvelé sa demande pour l'organisation d'un second référendum afin que les Britanniques se prononcent sur l'accord final.

Le député travailliste Chuka Umunna, pro-européen, a quant à lui estimé sur la radio BBC 4 que les chiffres cités dans la presse constituaient "le symbole évident de l'impossibilité à prononcer le Brexit dans les conditions qui ont été présentées au peuple britannique".

- Frontière irlandaise: "du mouvement" à venir -

L'une des rares réactions positives est venue des marchés financiers. La livre britannique a atteint mercredi matin son plus haut niveau depuis deux mois face au dollar américain, signe que les investisseurs attendent avec impatience que les tractations entrent enfin dans une nouvelle phase.

Un tel accord représenterait en effet un progrès très important dans les négociations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne entamées en juin: les 27 autres pays de l'UE ont fait du règlement financier l'une des trois conditions préalables à l'ouverture des discussions sur la future relation entre l'UE et Londres.

Une fois que la question financière sera soldée, des "progrès suffisants" doivent encore être réalisés sur deux autres sujets, selon les exigences de Bruxelles: la question des droits des Européens vivant au Royaume-Uni après le Brexit et les conséquences du divorce sur la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, qui semble désormais être la plus ardue.

Sur cette dernière question, "je pense que nous verrons du mouvement dans les prochains jours", a néanmoins avancé Phil Hogan, se montrant optimiste.

Les 27 doivent annoncer lors d'un sommet prévu les 14-15 décembre dans la capitale belge s'ils acceptent d'ouvrir la deuxième phase des négociations, que le Royaume-Uni s'impatiente de pouvoir commencer.

Le 24 novembre, le président du Conseil européen Donald Tusk avait donné dix jours à la Première ministre britannique Theresa May pour "constater des progrès du côté du Royaume-Uni sur tous les sujets". Les deux dirigeants doivent se rencontrer le 4 décembre autour d'un déjeuner pour faire le point.

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