NOUVELLES
29/11/2017 07:37 EST

Rohingyas: le pape ne peut pas résoudre "des problèmes impossibles" (Vatican)

Le pape, critiqué pour ne pas avoir mentionné explicitement le sort des Rohingyas durant son voyage historique en Birmanie, ne peut pas "résoudre des problèmes impossibles", a souligné mercredi son porte-parole Greg Burke.

Le pape n'a aucunement perdu son "autorité morale" en observant une retenue diplomatique, a déclaré son porte-parole au cours d'une conférence de presse, ajoutant: "on ne peut pas attendre des gens qu'il règlent des problèmes impossibles".

"Le pape n'a pas peur des champs de mines", mais il ne peut pas arriver "parachuté" dans un pays et "résoudre tout en chemin", a-t-il insisté.

"Personne n'a dit que la diplomatie vaticane était infaillible", a encore commenté le porte-parole, sortant de sa réserve habituelle.

Au cours des trois premiers jours de sa visite, au ton très mesuré, le pape n'a jamais évoqué directement le sort des Rohingyas obligés de fuir au Bangladesh en raison des violences des militaires birmans, une situation décrite par l'ONU comme une "épuration ethnique". Et il n'a jamais prononcé le mot "Rohingya", tabou dans le pays.

"Je pense qu'il était très clair que le pape allait prendre très au sérieux les préoccupations de l'Eglise locale", a expliqué le porte-parole. "Cela n'enlève rien à ce que le pape a dit dans le passé ou ce qu'il peut dire en privé", a-t-il noté. L'Eglise locale a recommandé au pape la plus grande prudence verbale afin de ne pas attiser l'ire des extrémistes bouddhistes.

Greg Burke n'a pas non plus voulu divulguer la teneur de ses discussions "privées" avec le chef de l'armée birmane dès son arrivée lundi dans le pays, une visite anticipée qui a grillé la politesse au gouvernement civil. "Le pape est un homme très libre", a-t-il déclaré.

"Ce voyage peut être résumé en un mot, ce n'est pas le mot auquel vous pensez, c'est l'unité et la diversité", a ajouté le porte-parole.

Le Saint-Père et le Vatican voient le travail diplomatique comme une façon de "construire des ponts", a-t-il expliqué.

Greg Burke préfère aussi mettre en exergue un "jour historique" pour la petite Eglise birmane, qui a organisé jeudi une messe en plein air à Rangoun avec 150.000 croyants. "Cela a mis l'Eglise catholique sur la carte", s'est-il réjoui.

Interrogé sur une éventuelle volonté du pape de se rendre dans l'immense camp de réfugiés de 900.000 Rohingyas au Bangladesh, pays qu'il rejoindra jeudi, il a souligné que les réfugiés n'étaient pas le thème de ce voyage.

"Les réfugiés sont l'un de ses plus grands sujets de préoccupation, il (le pape, ndlr) en parle tous les jours, mais ce n'est pas ainsi que le voyage a été conçu", a ajouté le porte-parole.

cm/lpt

cm/