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29/11/2017 16:29 EST

Présidentielle au Honduras: les deux candidats à égalité parfaite (résultats partiels)

Les deux candidats à l'élection présidentielle au Honduras, qui ont signé un pacte s'engageant à reconnaître le résultat final des urnes, sont à parfaite égalité après le dépouillement de plus de 80% des bulletins de vote.

Selon une nouvelle publication de résultats partiels, mardi soir par le tribunal suprême électoral (TSE), le présentateur TV vedette Salvador Nasralla, candidat de gauche, novice en politique, et le président sortant de droite Juan Orlando Hernandez, obtiennent chacun 42,17% des votes après le dépouillement de 81,77% des bulletins.

Depuis la publication des premiers résultats partiels de cette élection à un tour, dans la nuit de dimanche à lundi, l'écart est passé de cinq points de pourcentage à l'égalité entre les deux candidats aujourd'hui.

"On gagne ! On gagne !", se sont exclamés des partisans du président sortant, lors de l'une des manifestations en faveur de l'un ou l'autre des candidats dans différents endroits de la capitale Tegucigalpa.

La lenteur du décompte crée incertitude, doutes et suspicion de fraudes dans le pays : beaucoup d'Honduriens se demandent pourquoi, trois jours après les élections, ils ne savent toujours pas qui gouvernera le pays pour les quatre prochaines années.

"Pour les autres élections, on savait déjà qui avait gagné. Cette fois non. Il se trame quelque chose?", s'interrogeait José Rosendo Rosales, dans le parc situé face au siège du Congrès, résumant le sentiment de nombre de Honduriens.

"Je ne comprends pas ce qui s'est passé, ils avaient dit que Salvador (Nasralla) avait gagné", a témoigné Maria Suyapa Cruz, une vendeuse de bonbons de la capitale. "Le peuple a déjà dit qu'il ne voulait plus du" parti au pouvoir, a-t-elle ajouté.

Dans un entretien mardi à l'AFP, Salvador Nasralla, le candidat de l'Alliance de l'opposition contre la Dictature (gauche), avait dénoncé une tentative du chef de l'Etat sortant (Parti national, droite) de chercher à "fausser les résultats".

Un peu plus tard, Marco Ramiro Lobo, un magistrat du TSE, avait assuré que l'avance du candidat de l'opposition était "irréversible".

"La tendance était irréversible" en faveur de M. Nasralla, "mais cela a été changé", a affirmé à l'AFP l'ex-président de gauche Manuel Zelaya, accusant le pouvoir en place de manipulation.

Le président Juan Orlando Hernandez brigue un nouveau mandat, normalement interdit par la Constitution, en s'appuyant sur une décision controversée de la Cour suprême.

Il avait appelé mardi ses partisans à la patience, tout en se voulant rassurant sur le résultat final: "En tant que démocrates, nous devons attendre le résultat officiel (...) Il est essentiel que tout le monde soit patient".

Face à ces tensions, l'Organisation des Etats américains (OEA) a obtenu mercredi l'engagement des deux principaux candidats d'appeler au calme et d'accepter le résultat des urnes.

Le pacte en trois points a été négocié par le chef de la mission d'observation de l'OEA, l'ancien président bolivien Jorge Quiroga. Les deux parties s'engagent à "accepter les résultats du dépouillement général final du Tribunal suprême électoral (TSE) à condition que tous les votes aient été ajoutés à tous les procès-verbaux".

Elles ont également exhorté les membres de TSE à agir "avec diligence et impartialité durant ces heures critiques de notre pays".

"C'est un geste des deux candidats qui aidera le peuple hondurien à maintenir la paix", a déclaré M. Quiroga.

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