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29/11/2017 07:36 EST

Pakistan: attaque contre une mosquée chiite, 1 mort 4 blessés

Des hommes armés ont tiré mercredi contre une mosquée chiite d'Islamabad, faisant un mort et quatre blessés, a-t-on appris de source policière, deux jours après la fin d'un sit-in islamiste qui avait bloqué pendant trois semaines l'entrée de la capitale du Pakistan.

La fusillade est survenue alors que les fidèles sortaient de la mosquée Bab-ul-Ilm, où venait d'être célébrée la prière du soir.

"Deux hommes armés se sont approchés d'une fontaine à eau installée à l'extérieur de la mosquée, près de la porte principale. Ils ont rempli leurs verres d'eau, puis ils ont tiré de manière indiscriminée sur la foule qui en sortait", a déclaré à l'AFP Qasim Ahmad, un responsable policier, à l'AFP.

Les deux assaillants, arrivés à pied, ont réussi à s'enfuir en courant juste après leur forfait.

Aucun groupe n'a pour l'instant revendiqué l'attaque.

Les chiites représentent environ 20% de la population du Pakistan, géant sunnite de plus de 200 millions d'habitants.

Des attaques d'extrémistes sunnites contre la minorité chiite, ou les violences contre d'autres groupes religieux, ont fait des milliers de morts dans le pays cette dernière décennie. Ce genre d'incident est toutefois rare dans la capitale.

La fusillade est survenue deux jours après la signature d'un accord entre l'armée et un mouvement islamiste peu connu, le Tehreek-i-Labaik Ya Rasool Allah Pakistan (TLYRAP), qui a mis fin à trois semaines de blocage de la principale entrée de la capitale.

Samedi, des violences entre les manifestants et la police, qui tentait de dissiper le sit-in, ont fait 7 morts et plus de 200 blessés. Le mouvement s'était alors propagé à d'autres villes du pays, notamment les deux mégalopoles de Karachi et Lahore.

"Nous voulions mettre un terme à cette manifestation après avoir obtenu des renseignements indiquant que des mécréants pourraient essayer de provoquer des violences sectaires en y diffusant des idées subversives", a réagi le ministre de l'Intérieur Ahsan Iqbal lors d'une conférence de presse mercredi.

L'attaque du jour incarne "ce que nous craignions", a-t-il ajouté.

Le TLYRAP réclamait la démission du ministre de la Justice Zahid Hadid après qu'un amendement eut été voté, puis retoqué, modifiant à la marge la formulation du serment prononcé par les candidats à des élections. Une mesure, qu'il voyait comme une remise en cause de la très controversée loi sur le blasphème.

Zahid Hadid a finalement démissionné lundi, ce qui a permis la dissipation des manifestants. La presse dénonçait mardi une "capitulation" face à des "fanatiques", craignant que cette décision constitue un dangereux précédent.

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