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29/11/2017 01:04 EST

Le chef de l'opposition à Bahreïn nie toute intelligence avec le Qatar

Le chef de l'opposition chiite à Bahreïn, qui purge actuellement une peine de prison, a plaidé non coupable mercredi devant le tribunal qui le juge pour une autre affaire, où il est accusé "d'intelligence avec le Qatar".

"Cheikh Ali (Salmane) a nié les charges portées contre lui", a indiqué une source judiciaire.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que le prévenu s'était présenté mercredi devant la cour assisté de quatre avocats, ajoutant que la prochaine audience a été fixée au 28 décembre.

Ali Salmane, 52 ans, avait refusé d'assister lundi à la première audience de ce procès.

Ses deux collaborateurs, en fuite, et lui sont poursuivis pour "intelligence avec l'Etat du Qatar en vue de commettre des actions hostiles dans le but de nuire à la position politique et économique du royaume de Bahreïn, de renverser son régime et de dévoiler ses secrets défense".

Ils sont également accusés d'"avoir reçu d'un Etat étranger (le Qatar) des sommes d'argent en contrepartie de la transmission d'informations concernant des secrets militaires et la situation générale dans le pays".

Ali Salmane a été inculpé le 1er novembre sur la base d'une conversation téléphonique- datant selon les autorités de 2011- entre lui et l'ancien Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem Al-Thani.

Cette inculpation est intervenue cinq mois après que quatre pays arabes, dont Bahreïn, ont décrété un embargo contre le Qatar, qu'ils accusent de soutenir des mouvements "terroristes" et de se rapprocher de l'Iran.

Un enregistrement de la conversation avait alors été diffusé par les autorités de Bahreïn, qui avaient affirmé que le dirigeant qatari y montrait de la sympathie pour un mouvement de protestation conduit par la formation Al-Wefaq d'Ali Salmane.

Al-Wefaq a été dissous en 2014 et l'opposant bahreïni a été condamné en 2015 à quatre ans de prison pour "incitation à la haine confessionnelle".

La cour d'appel avait alourdi cette peine à neuf ans en retenant aussi le chef d'accusation de "complot contre le régime".

Cette condamnation avait été annulée par la Cour de cassation, qui avait renvoyé l'affaire devant la cour d'appel.

Mais en décembre dernier, cette dernière avait de nouveau condamné Ali Salmane à neuf ans de prison.

Bahreïn mène depuis 2011 une sévère répression contre les représentants de la majorité chiite qui réclament des réformes et le respect des droits de l'Homme.

La dynastie sunnite au pouvoir nie toute discrimination envers les chiites et accuse l'Iran voisin d'attiser les tensions, ce que dément Téhéran.

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