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29/11/2017 05:27 EST

Lafarge en Syrie : trois cadres en garde à vue en France (sources proches)

Trois responsables du cimentier français Lafarge ont été placés en garde à vue mercredi dans le cadre des investigations sur des soupçons de financement indirect de groupes jihadistes en Syrie, dont l'Etat islamique (EI), a-t-on appris de sources proches de l'enquête.

Ils sont entendus par le Service national de douane judiciaire (SNDJ), chargé de l'enquête, ont précisé ces sources.

Il s'agit des premières gardes à vue dans cette affaire. A l'issue de ces auditions, ces gardes à vue peuvent être levées sans poursuites ou aboutir à une présentation devant les trois juges d'instruction chargés de ce dossier.

Les investigations s'attachent à déterminer si le cimentier, qui a fusionné en 2015 avec le Suisse Holcim, a transmis de l'argent à des organisations jihadistes, notamment à l'EI, pour continuer à faire fonctionner en 2013 et 2014 l'usine de Jalabiya (nord de la Syrie), malgré le conflit.

Parmi les personnes placées en garde à vue se trouvent Bruno Pescheux, le directeur de la cimenterie de 2008 à 2014, et Frédéric Jolibois, qui a repris la direction du site à partir de l'été 2014, selon des sources proches du dossier.

Lafarge est aussi soupçonné d'avoir acheté du pétrole à différentes organisations jihadistes, là encore pour que ces dernières lui permettent de poursuivre son activité.

Les enquêteurs cherchent à savoir si des responsables du groupe en France ont pu être informés de tels accords.

Dans un rapport, dont l'AFP a eu connaissance, le SNDJ avait estimé que la direction française du groupe avait "validé ces remises de fonds en produisant de fausses pièces comptables".

Les 14 et 15 novembre, une vaste perquisition a été menée au siège du cimentier à Paris.

Sollicité, LafargeHolcim n'a pas souhaité faire de commentaires.

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