NOUVELLES
29/11/2017 07:34 EST

La croissance américaine comble les ambitions de Trump

L'économie américaine a enregistré une solide croissance de 3,3% au troisième trimestre, répondant aux ambitions de Donald Trump mais ce chiffre doit encore s'inscrire dans la durée face aux intentions de resserrement monétaire de la Banque centrale.

Malgré le passage des ouragans Harvey et Irma fin août et début septembre au Texas, en Louisiane et en Floride, l'expansion du Produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis s'est établie à 3,3% en rythme annualisé et en données corrigées des variations saisonnières entre juillet et septembre.

Alors que la croissance était déjà de 3,1% au deuxième trimestre, ces nouveaux chiffres semblent donner raison au président américain qui martèle que l'embellie économique est là depuis son arrivée à la Maison Blanche.

L'administration Trump, qui fonde sa politique économique sur des projets de réductions d'impôts notamment pour les entreprises et de vastes mesures de dérégulation, affirme en outre que la croissance de la première économie mondiale peut s'installer durablement au-dessus de 3%.

"L'économie est en pleine expansion!", s'est réjoui le président américain dans un tweet. Sans l'impact des ouragans, la croissance du PIB aurait augmenté de 3,9%, dit-il, sur la base des estimations de ses conseillers économiques.

"La Bourse est à un nouveau pic, le chômage à un plus bas. Nous sommes en train de gagner et les réductions d'impôts vont faire passer notre économie à la vitesse supérieure!", a-t-il également estimé.

Au troisième trimestre, la croissance a été portée par les dépenses de consommation, des investissements dans les stocks et dans les structures non-résidentielles, a observé le ministère du Commerce, qui avait initialement estimé une croissance à 3%.

Bien qu'elle soit inférieure à celle du deuxième trimestre, la consommation des ménages, traditionnel moteur de croissance aux Etats-Unis, est restée "solide", notent les économistes de Barclays, à 2,3%.

Les Américains ont notamment acheté davantage de biens durables (+8,1%) comme de l'électroménager et des voitures. Les ventes d'automobiles ont été dopées par une demande accrue dans les Etats touchées par les tempêtes qui ont conduit des milliers de voitures à la casse.

- Inégalités -

Les chiffres du troisième trimestre semblent donner raison à la présidente de la Banque centrale Janet Yellen qui estime que l'expansion économique "s'étend de plus en plus à tous les secteurs", ont commenté de leurs côtés les économistes de RDQ.

Avec une hausse graduelle des taux d'intérêt, "je m'attends à ce que (...) l'économie continue son expansion et que le marché du travail se renforce quelque peu soutenant une croissance plus rapide des revenus et des salaires", a déclaré Janet Yellen mercredi lors d'une audition devant le Congrès.

Elle a toutefois mis en garde le Congrès du risque d'une inflation forte liée à une croissance rapide.

"Le Congrès devrait envisager des politiques encourageant les investissements des entreprises, la formation du capital, l'amélioration des infrastructures de la nation, l'amélioration de la qualité de notre système éducatif et soutenant l'innovation et l'adoption des nouvelles technologies", a détaillé la responsable de l'institution qui doit céder son poste à Jerome Powell en février.

Bien que la croissance soit au-dessus de la marque des 3% depuis deux trimestres d'affilée, elle était de seulement 1,2% au premier trimestre. Et pour l'ensemble de l'année 2017, la Fed table sur une hausse de l'ordre de 2,5% tandis que le Fonds monétaire international anticipe une croissance de 2,2%.

Depuis la crise financière de 2008-2009 et la récession qui s'en est suivie, la croissance des Etats-Unis n'a pas dépassé en moyenne 2% annuels.

La publication de ces chiffres intervient par ailleurs au moment où les républicains s'efforcent de faire passer leur vaste réforme fiscale au Congrès.

Promesse de campagne de Donald Trump envers "la classe moyenne", elle est mise en avant par l'exécutif comme outil incontournable vers une croissance plus robuste mais dénoncée par les démocrates comme ne favorisant que les plus riches.

"Je suis très inquiète (...) des tendances qui pourraient creuser les inégalités. Et l'égalité du code des impôts doit en tenir compte", a estimé Mme Yellen.

Dt/jld/elc