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29/11/2017 06:16 EST

Démission du gouvernement tchèque sortant

Le gouvernement tchèque de centre gauche, en place depuis 2014, a démissionné mercredi pour laisser la place au nouveau cabinet conduit par le milliardaire Andrej Babis, le chef du mouvement centriste ANO vainqueur des législatives.

"Le gouvernement a démissionné conformément à la Constitution", a dit le Premier ministre sortant Bohuslav Sobotka, dont le parti social-démocrate était à la tête d'une coalition gouvernementale comprenant ANO et le petit parti centriste chrétien-démocrate.

Le 6 décembre, le président Milos Zeman doit nommer M. Babis Premier ministre. La nomination de l'ensemble des membres du gouvernement est attendue une semaine plus tard, le 13 décembre.

Il s'agira d'un gouvernement minoritaire comprenant des experts sans-parti car M. Babis n'a pas réussi à mettre sur pied une coalition et pourrait avoir du mal à obtenir la confiance du parlement.

Josef Mlejnek, politologue à l'Université de Prague, a loué le bilan du gouvernement sortant, évoquant le boom économique et la chute du taux de chômage, désormais le plus bas de l'Union européenne.

M. Sobotka aura été seulement le troisième chef de gouvernement tchèque à avoir accompli tout son mandat de quatre ans depuis la création de la République tchèque en 1993 (née d'une scission de la "République fédérale tchèque et slovaque" elle-même issue de la Tchécoslovaquie).

"L'image de ce gouvernement dans l'histoire sera bien pire que ce qu'il mérite", a dit M. Mlejnek à l'AFP.

"Sa réputation a été ternie l'année dernière à cause des luttes internes à la veille des élections", a-t-il ajouté.

Le mouvement ANO, qui a fait campagne sur la lutte contre la corruption et l'opposition à l'euro et à l'accueil des migrants, a obtenu 78 sièges sur les 200 que compte le parlement.

Mais M. Babis connaît des problèmes avec la justice qui le soupçonne d'avoir fraudé - une accusation qu'il rejette - en vue d'obtenir des subventions européennes pour sa ferme-complexe hôtelier "Nid de cigogne". La police a demandé au parlement de lever son immunité parlementaire, qu'il avait déjà perdue l'été dernier, mais regagnée avec sa victoire électorale.

S'il n'obtient pas la confiance des députés, le président Zeman, qui l'appuie, le chargera à nouveau de former un gouvernement.

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