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29/11/2017 12:56 EST

Dans un Venezuela en crise, le président Maduro va se représenter en 2018

Manifestations, quasi-faillite, impopularité: le président du Venezuela Nicolas Maduro va se représenter en 2018, alors que le pays traverse une des pires crises de son histoire.

Cette annonce a été faite mercredi par le vice-président Tareck El Aissami lors d'un rassemblement du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) au pouvoir. Le chef de l'Etat socialiste n'a pas confirmé dans l'immédiat.

En 2018 "nous aurons, grâce à dieu et au peuple, la réélection de notre frère Nicolas Maduro comme président de la République", a déclaré M. El Aissami sous les applaudissements et les acclamations.

Une réélection de Maduro sera la réponse "au putschisme" de l'opposition et à la "persécution financière et (aux) sanctions" des Etats-Unis, a-t-il ajouté. "Nous sommes prêts pour une grande victoire".

Le scrutin présidentiel dans ce pays pétrolier est prévu en décembre 2018, mais certains experts, comme le cabinet Eurasia group, estiment qu'il pourrait être avancé au mois de mars par le gouvernement. Le chavisme, du nom du d'Hugo Chavez, président de 1999 à son décès d'un cancer en 2013, chercherait à profiter de cette dynamique. Cette théorie est renforcée par le timing de cette candidature.

Car cette annonce intervient après une série de victoires dans les urnes du camp au pouvoir, avec l'élection de l'Assemblée constituante - uniquement composée de partisans du chef de l'Etat - et des gouverneurs, où le PSUV de M. Maduro a obtenu 18 des 23 postes.

Dans la foulée de ces deux scrutins, dont les modalités ont été critiquées par l'opposition et la communauté internationale, se profilent les élections municipales, prévues le 10 décembre.

Le chavisme contrôle 242 des 337 mairies, contre 76 pour l'opposition. La vingtaine restante est aux mains de dissidents des deux bords ou de maires indépendants.

- 'Le moins mauvais' -

Cette candidature à la présidentielle arrive aussi alors que le pays sud-américain subit des pénuries, une hyperinflation, et se trouve, selon les agences de notation de crédit Standard & Poor's et Fitch, ainsi que d'après l'instance des créanciers (ISDA), en situation de défaut de paiement partiel.

M. Maduro est actuellement en pleine renégociation de la dette extérieure du pays, estimée à environ 150 milliards de dollars, dont 30% seraient dus au groupe public pétrolier PDVSA.

Parallèlement, le gouvernement vénézuélien doit entamer les 1er et 2 décembre en République dominicaine un dialogue avec la Table de l'unité démocratique (MUD), principale coalition d'opposition, pour mettre fin à la grave crise politique que vit le Venezuela. Mais les adversaires du président apparaissent désormais fortement divisés et affaiblis.

L'annonce du vice-président a été critiquée par les responsables de l'opposition. "Si Maduro veut trouver une solution à la crise économique en 2018, la seule chose qu'il doit faire c'est partir et permettre au Venezuela d'élire un gouvernement honnête et efficace", a écrit sur Twitter le député Henry Ramos Allup, ancien président du Parlement.

Malgré son taux de popularité très bas (15% à 20% d'opinions favorables), il reste le leader chaviste qui suscite le moins de rejet, a expliqué à l'AFP la politologue Francine Jacome.

"C'est le moins mauvais", a souligné l'analyste Luis Salamanca.

Une vague de manifestations antigouvernementales au printemps a fait 125 morts, dans un contexte de problèmes économiques aigus liés à la chute des prix du pétrole, dont l'économie vénézuélienne est très dépendante.

Ancien chauffeur d'autobus venu à la politique par le syndicalisme, Nicolas Maduro a succédé en 2013 à son mentor Hugo Chavez, qui l'avait nommé vice-président. Son mandat doit se terminer en janvier 2019.

En dépit de sa haute stature, cet homme de 55 ans à l'épaisse moustache brune ne jouit pas du charisme et de l'éloquence de son mentor.

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