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29/11/2017 12:24 EST

Canada: le ministre des Finances sur la sellette

Le ministre canadien des Finances Bill Morneau s'est retrouvé mercredi sur la sellette, l'opposition réclamant sa démission en insinuant qu'il aurait profité d'un délit d'initié.

Depuis des semaines, l'opposition conservatrice interroge le ministre des Finances de Justin Trudeau sur la vente d'actions de son entreprise personnelle, quelques jours avant que Bill Morneau n'annonce en novembre 2015 les mesures fiscales du nouveau gouvernement.

Selon l'opposition, ces modifications fiscales ont eu pour conséquence de faire baisser de 5% le cours des actions de l'entreprise Morneau Shepell, ce qui aurait permis au ministre des Finances, en vendant avant l'annonce du plan fiscal, d'empocher un gain d'un demi-million de dollars canadiens (330 millions d'euros).

"En ma capacité de chef de l'opposition officielle, j'exhorte Bill Morneau à démissionner de ses fonctions de ministre des Finances", a déclaré le chef des conservateurs, Andrew Scheer au Parlement.

"Il est clair qu'avec (...) de sérieuses questions sur ses transactions auxquelles il refuse de répondre, il ne devrait pas rester en poste", a-t-il estimé.

Peu après, le Premier ministre libéral Justin Trudeau a assuré de son "entière confiance" son ministre des Finances, en le félicitant d'avoir créé "un demi-million de nouveaux emplois" en deux ans de travail et d'avoir propulsé l'économie du Canada au premier rang du G7 en termes de croissance économique.

En octobre, la Commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, fonctionnaire indépendante de la Chambre des Communes, avait mis à l'amende M. Morneau pour avoir omis de déclarer une de ses sociétés.

Il avait payé une amende de 200 dollars pour ne pas avoir déclaré dans les 30 jours suivant sa nomination en 2015 cette société par laquelle il détient une villa dans le Sud de la France.

La Commissaire Mary Dawson enquête par ailleurs pour établir si M. Morneau s'est placé en situation de conflit d'intérêt, comme le soutient l'opposition, en pilotant une réforme des normes de gestion des régimes de retraite pouvant avoir un impact sur la valeur de ses actifs.

Le ministre des Finances a souligné que ses parts dans la société Morneau Shepell, fondée par son père et qui gère entre autres des régimes de retraite, ont été placées dans une fiducie sur lequel il n'a aucun droit de regard.

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