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29/11/2017 03:19 EST

Brexit: la négociation financière "pas encore terminée" (Barnier)

Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a démenti mercredi à Berlin des informations de presse faisant état d'un accord avec Londres sur le montant de la facture du Brexit.

"On lit beaucoup de choses dans la presse sur ce sujet ces jours-ci" mais "nous avons encore à travailler, la négociation n'est pas encore terminée à ce sujet", a-t-il déclaré concernant le volet financier des discussions lors d'une conférence de presse à Berlin.

"Nous ne sommes pas à un point d'accord, quels que soient les articles, les rumeurs que je lis dans les journaux", a-t-il ajouté, en référence aux informations de plusieurs médias britanniques.

Plusieurs de ces médias, dont la BBC, font état mercredi d'un accord trouvé entre les deux parties sur un mode de calcul pour le solde à payer par la Grande-Bretagne.

Deux sources ont notamment indiqué au journal britannique The Telegraph que Londres et l'UE étaient tombés d'accord en fin de semaine dernière sur une méthode permettant d'arriver au final à un chiffre compris entre 45 et 55 milliards d'euros pour régler cette question, l'un des principaux points d'achoppement des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Côté européen, le chiffre d'au moins 60 milliards d'euros à régler par le Royaume-Uni pour sa sortie a été évoqué ces derniers mois.

"Je vois bien les articles, les rumeurs, les informations" et "je vous répète que sur les trois sujets clés de ces négociations, les citoyens, les frontières et le budget, nous avons besoin encore de travailler", a souligné le négociateur européen.

L'objectif est d'atteindre un "stade de progrès suffisant" pour avoir accord, a-t-il dit. "Pour l'instant nous n'y sommes pas et nous continuons à travailler", a ajouté M. Barnier.

Ce travail va se poursuivre "dans les prochains jours, en tout cas jusqu'à la rencontre entre Mme (Theresa) May (la Première ministre britannique) et le président (Jean-Claude) Juncker (de la Commission européenne) lundi et le président (Donald) Tusk aussi", a souligné M. Barnier.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a donné à la Grande-Bretagne jusqu'au 4 décembre à Londres pour parvenir à des progrès suffisants sur tous les sujets de contentieux. Ce jour-là, un dîner est prévu entre Mme May et M. Juncker pour faire le point et voir si les négociations peuvent progresser au stade suivant.

Un peu plus tôt, lors d'une autre conférence à Berlin, M. Barnier s'était voulu clair sur l'enjeu de la négociation sur le volet financier du Brexit: "On ne va pas payer à 27 ce qui a été décidé à 28, c'est aussi simple que ça".

Sollicités par l'AFP mardi soir, la Commission européenne et le ministère britannique du Brexit (DExEU) ont refusé de confirmer un tel accord. "Des discussions intensives entre le Royaume-Uni et la Commission européenne se poursuivent cette semaine à Bruxelles" où "nous tentons de trouver un accord", a expliqué le DExEU, dans un bref message envoyé par email.

Un tel accord représenterait un progrès très important dans les négociations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne entamées en juin: les 27 autres pays de l'UE ont fait du règlement financier une condition préalable à l'ouverture des discussions sur la future relation entre l'UE et Londres.

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