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29/11/2017 10:19 EST

Asile: la présidence de l'UE tente de réconcilier les Etats membres

La présidence estonienne de l'UE a présenté mercredi un projet de compromis aux pays européens, toujours profondément divisés sur les moyens d'assumer de manière solidaire l'accueil des demandeurs d'asile arrivant en Europe.

Le texte a été exposé aux ambassadeurs des 28 auprès de l'UE, réunis à Bruxelles, a indiqué un porte-parole de l'Estonie, qui occupe actuellement la présidence tournante du Conseil de l'UE, regroupant les pays membres.

"Nous espérons qu'il peut jeter les bases de futures discussions", a ajouté ce porte-parole, qualifiant les propositions d'"équitables", mais sans en détailler le contenu.

Ces propositions visent à débloquer la réforme du partage des responsabilités dans l'accueil des demandeurs d'asile.

En chantier depuis plus d'un an, la refonte du "règlement Dublin" est dans l'impasse, en raison du refus de pays comme la Pologne et la Hongrie de se voir imposer des mesures d'accueil. Le "règlement Dublin" désigne le pays de première entrée dans l'UE comme responsable principal d'une demande d'asile.

Selon une source diplomatique, l'Estonie a imaginé un "système d'alarme précoce", par lequel la Commission européenne pourrait avertir d'une hausse disproportionnée des demandes d'asile dans certains pays.

L'exécutif européen recommanderait alors des mesures de solidarité entre pays, en termes financiers mais aussi en termes d'accueil depuis les pays européens soumis à trop forte pression. Les Etats membres y répondraient sur une base volontaire à ce stade.

Une deuxième étape serait enclenchée en cas de "crise" dans un pays, mesurée grâce à un indicateur de pression migratoire, tenant compte des capacités économiques et de la démographie des pays de l'UE.

La Commission pourrait alors faire une recommandation, débouchant sur des mesures obligatoires en cas de vote à la majorité qualifiée des Etats membres, y compris en termes d'accueil.

Mais le compromis proposé insiste sur le fait que tout transfert effectif de demandeurs d'asile d'un pays de l'UE vers un autre resterait conditionné à un accord entre les deux pays, selon la source diplomatique.

Ce point vise à tenir compte de l'hostilité frontale de certains pays à tout accueil imposé, qui avait été l'une des raisons des déboires du plan adopté en 2015, au plus fort de la crise migratoire, pour répartir des demandeurs d'asile depuis la Grèce et l'Italie.

Ce plan dit de "relocalisation", basé sur des quotas obligatoires et arrivé à échéance en septembre 2017, a creusé un large fossé entre les pays européens de l'Est et de l'Ouest.

La proposition estonienne remanie fortement le projet de réforme tel que l'avait imaginé la Commission, qui souhaitait que des quotas puissent être imposés en cas d'afflux exceptionnel de demandeurs d'asile.

Le Parlement européen demande de son côté un "mécanisme permanent et automatique" de répartition pour remplacer l'actuel "règlement Dublin".

cds/agr/mr