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29/11/2017 04:12 EST

Allemagne: Un officier soupçonné de préparer un attentat libéré

Un officier de l'armée allemande, suspecté d'avoir fomenté un projet d'attentat en se faisant passer pour un réfugié syrien, va être relâché faute de charges suffisantes, a annoncé mercredi la justice allemande.

Les soupçons concernant Franco Albrecht, à l'origine d'une rocambolesque affaire qui a éclaboussé l'armée et les services d'immigration au printemps, "ne sont pas suffisamment étayés" et ne justifient donc pas son maintien en détention, a précisé la Cour de Justice fédérale de Karlsruhe.

L'enquête à son encontre se poursuit néanmoins.

Ce militaire avec le grade de lieutenant, stationné en France, avait été interpellé le 26 avril "avec pour projet de commettre une attaque sur de hauts responsables politiques et personnalités publiques" en se faisant sans doute passer pour un réfugié, a rappelé la Cour.

Cet homme s'était pour cela procuré une arme à feu et avait dérobé des munitions et d'autres armes à la Bundeswehr, selon la même source.

Surtout il menait une double vie depuis plus d'un an en se faisant également passer pour un demandeur d'asile syrien.

Il avait même réussi, sans parler arabe et en assurant s'appelant David Benjamin, à obtenir un permis de séjour d'un an et touchait les allocations dont bénéficient les réfugiés, en plus de sa solde de militaire.

Ce scandale a mis en lumière la gestion erratique de l'accueil de plus d'un million de demandeurs d'asile en Allemagne depuis 2015 malgré les assurances répétées des autorités allemandes affirmant contrôler strictement les procédures de demandes d'asile.

L'armée allemande s'est également vu accuser de ne pas suffisamment lutter contre les idées d'extrême droite en son sein. Des messages xénophobes ont été retrouvés sur son téléphone portable, ainsi qu'un travail universitaire qu'il avait rédigé, truffé de propos nationalistes ou extrémistes.

L'affaire a conduit la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, proche d'Angela Merkel, a durcir le ton à l'égard de l'armée allemande. Ce qui lui a valu en retour des critiques dans les rangs des militaires.

La remise en liberté de l'officier et les doutes sur la réalité de ses projets d'attentat constituent donc un coup dur pour la ministre.

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