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29/11/2017 06:04 EST

A Gaza, crispations autour de la question des fonctionnaires

Des dizaines de fonctionnaires de l'Autorité palestinienne inactifs depuis des années ont été empêchés mercredi de reprendre leur poste dans des ministères de Gaza peu avant la passation de pouvoirs attendue entre Hamas et l'Autorité, ont indiqué un syndicat et des témoins.

Le mouvement islamiste Hamas est censé rétrocéder d'ici à vendredi à l'Autorité palestinienne internationalement reconnue les pouvoirs dans la bande de Gaza qu'il gouverne sans partage depuis 2007.

Ce transfert est le résultat d'un accord de réconciliation conclu le 12 octobre au Caire sous les auspices de l'Egypte.

A l'approche de l'échéance de vendredi, le scepticisme demeure sur les chances de réussite de cette réconciliation interpalestinienne.

Un des principaux écueils concerne le sort de milliers de fonctionnaires à Gaza.

Quand le Hamas a évincé l'Autorité de la bande de Gaza par la force en 2007, il a mis en place sa propre administration, recrutant des dizaines de milliers de fonctionnaires.

Les dizaines de milliers de fonctionnaires employés jusqu'alors par l'Autorité ont continué à être payés par cette dernière, tout en restant chez eux dans leur grande majorité.

Mais mardi l'Autorité a appelé tous ces fonctionnaires à reprendre leur ancien poste.

Un retour qui a suscité l'opposition du syndicat de la fonction publique dépendant du Hamas. Ce dernier a indiqué mercredi avoir donné pour instruction à ses délégués de bloquer les employés de l'Autorité qui se représenteraient à leur travail.

Dans un communiqué, il a fustigé l'aspect "désordonné" de ce retour, destiné à "causer de gros problèmes".

Conséquence: des dizaines d'employés de l'Autorité se sont retrouvés bloqués aux entrées des ministères des Finances, de la Santé ou de l'Education, ont affirmé des témoins à l'AFP.

Le syndicat a assuré qu'il persisterait à bloquer le retour des fonctionnaires de l'Autorité jusqu'à ce que le sort des fonctionnaires du Hamas soit réglée.

Les signataires de l'accord de réconciliation conclu au Caire se sont donnés jusqu'à février pour résoudre le problème de ce double nombre de fonctionnaires à Gaza.

Ils n'ont pas dit depuis comment ils comptaient s'y prendre, ne fournissant aucune indication par exemple sur une intégration ou non des fonctionnaires du Hamas dans l'administration de l'Autorité.

Le sujet est éminemment sensible, les fonctionnaires faisant vivre beaucoup de monde dans un territoire dont l'économie est à genoux, avec plus de 40% de la population active au chômage et un taux de pauvreté approchant 40%.

Un porte-parole du gouvernement émanant de l'Autorité a prévenu qu'empêcher les fonctionnaires de reprendre leur service constituait un "pas dangereux" menaçant l'accord de réconciliation.

Un porte-parole du Hamas a répliqué que le gouvernement de l'Autorité portait "la responsabilité du chaos et de la confusion", et l'a accusé de violer l'accord du Caire.

La question du contrôle de la sécurité dans la bande de Gaza fait peser une autre hypothèque sévère sur l'avenir du processus. Le Hamas refuse de rendre les armes. L'Autorité exige un transfert de pouvoirs complet.

L'ONU soutient le processus de réconciliation, y voyant une chance de diminuer les épreuves des Gazaouis et de relancer l'entreprise de paix avec Israël.

L'envoyé spécial de l'ONU, Nickolay Mladenov, en visite dans la bande de Gaza, a rencontré une délégation de responsables égyptiens supervisant le transfert de pouvoirs.

Il a pressé les parties de poursuivre sur la lancée de l'accord du 12 octobre, "très important" selon lui. Il a évoqué une nouvelle réunion des groupes palestiniens rivaux en décembre en Egypte, et espéré qu'ils "veilleraient à ce que l'accord du Caire soit appliqué dans les temps".

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