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28/11/2017 05:24 EST

Turquie: un opposant accuse des proches d'Erdogan de transactions offshore

Le chef de l'opposition en Turquie a accusé mardi des proches du président Recep Tayyip Erdogan d'avoir transféré plusieurs millions de dollars sur le compte d'une société offshore, affirmant détenir des documents prouvant ces transactions.

Kemal Kiliçdaroglu, dirigeant du Parti républicain du peuple (CHP), a notamment accusé l'un des fils de M. Erdogan, Burak, et l'un des frères du président turc, Mustafa, d'avoir transféré d'importantes sommes sur le compte d'une société ouverte en 2011 sur l'Ile de Man.

L'Ile de Man, située en mer d'Irlande, est une dépendance de la Couronne britannique considérée par plusieurs ONG comme un paradis fiscal.

M. Kiliçdaroglu, qui s'exprimait à Ankara devant le groupe parlementaire CHP, a énuméré une liste de transactions en décembre 2011 et janvier 2012, brandissant des documents qui, selon lui, prouvent les opérations bancaires.

"Tu demandes à tes concitoyens de payer leurs impôts (...) pendant que tu envoies tes propres enfants, tes proches fonder une société sur une île et y transférer des millions de dollars", a lancé M. Kiliçdaroglu.

M. Kiliçdaroglu a affirmé être en possession des relevés de comptes correspondant aux transactions mentionnées, avant d'apostropher M. Erdogan en ces termes : "Si tu es un homme d'honneur, tu feras le nécessaire".

Après ces déclarations, les députés CHP ont conspué le président turc et scandé "Tayyip, démission !"

Il était impossible dans l'immédiat de vérifier de façon indépendante les accusations du chef du CHP.

"Les allégations de Kiliçdaroglu à l'encontre de mon client sont toutes mensongères et les documents qu'il a montrés sont des faux", a réagi l'avocat de M. Erdogan, Me Ahmet Özel, cité par l'agence de presse étatique Anadolu.

Le parti au pouvoir, l'AKP, a rejeté des accusations "mensongères, inappropriées".

La semaine dernière, M. Erdogan avait porté plainte contre M. Kiliçdaroglu après que ce dernier eut évoqué une première fois ses accusations. Le chef de l'Etat avait alors dit qu'il démissionnerait s'il était prouvé qu'il avait "un seul centime à l'étranger".

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