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28/11/2017 09:53 EST

Syrie: Ankara veut installer une mission d'observation à Afrine

La Turquie envisage d'étendre sa mission d'observation dans le nord de la Syrie à Afrine, contrôlée par des milices kurdes soutenues par les Etats-Unis contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) mais considérées comme terroristes par Ankara, ont déclaré mardi les autorités turques.

"La mission d'observation (à Idleb, nord-ouest) s'est déroulée avec succès, et pour réellement garantir un environnement paisible et sûr, cette mission doit être étendue à la région d'Afrine et dans l'ouest d'Alep", a déclaré mardi la présidence turque dans un communiqué cité par l'agence étatique Anadolu, à l'issue d'une réunion du conseil de sécurité nationale, dirigé par le président Recep Tayyip Erdogan.

La Turquie a déployé mi-octobre des troupes ayant une mission d'observation dans la province d'Idleb, voisine d'Afrine, dans le cadre de la mise en place des "zones de désescalade" décidées lors du processus d'Astana, parrainé par la Russie et l'Iran, alliés du régime de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles syriens.

Mais M. Erdogan a affirmé mi-novembre vouloir "nettoyer Afrine" de la présence du Parti de l'Union démocratique (PYD) et de son aile armée, les Unités de protection du peuple (YPG), et a plusieurs fois menacé d'y lancer une opération militaire.

Classées comme "terroristes" par Ankara, les YPG sont le noyau dur des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance soutenue par Washington pour lutter contre l'EI.

Accusant les YPG de "nettoyage ethnique" en Syrie, le communiqué de la présidence ajoute que "la Turquie continuera de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir sa sécurité, surtout dans la région frontalière".

La Turquie a déjà mené entre août 2016 et mars 2017 une offensive terrestre dans le nord de la Syrie pour repousser l'EI vers le sud et empêcher les YPG de relier les territoires qu'ils contrôlent dans le nord de la Syrie.

Ankara a affirmé la semaine dernière avoir reçu des assurances de Washington pour l'arrêt de la livraison d'armes aux YPG, mais la Maison Blanche avait semblé moins explicite en évoquant de prochains "ajustements".

L'ONU a commencé mardi ses discussions à Genève avec l'opposition syrienne pour tenter de régler le conflit qui dure depuis 2011 en Syrie, mais les déclarations de l'opposition réclamant une nouvelle fois le départ du président Bachar al-Assad ont braqué le gouvernement syrien, déjà peu enclin à faire des concessions alors qu'il a pratiquement gagné la guerre contre les rebelles et les jihadistes.

lsb/glr