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28/11/2017 08:45 EST

Reza Zarrab témoin à charge dans un procès explosif pour Ankara

L'homme d'affaires turco-iranien Reza Zarrab va témoigner pour l'accusation dans un procès new-yorkais potentiellement explosif pour le gouvernement turc, a confirmé mardi le procureur fédéral David Denton.

"Vous allez entendre (cette affaire) racontée de l'intérieur, par Reza Zarrab: il a plaidé coupable et reconnu avoir enfreint les lois américaines, il a décidé de coopérer avec le gouvernement", a annoncé le procureur Denton, dans sa plaidoirie d'ouverture au premier jour de ce procès prévu pour durer trois à quatre semaines.

Le suspense planait depuis plusieurs semaines autour du sort de Reza Zarrab, arrêté par la justice américaine en 2016 dans cette affaire de contournement des sanctions économiques américaines contre l'Iran, qui a contribué à tendre les relations turco-américaines.

Ce magnat de l'or de 34 ans avait quitté la prison fédérale de Manhattan début novembre, sans que le gouvernement confirme s'il avait plaidé coupable ou s'il coopérait avec la justice américaine, même si c'était l'hypothèse la plus probable.

M. Zarrab devrait donc être le témoin-clé de l'accusation dans ce procès: s'il devrait témoigner contre le seul accusé de ce procès, le banquier turc Mehmet Hakan Atilla, le procureur a laissé entendre que sa déposition risquait aussi d'éclabousser les dirigeants turcs.

David Denton a en effet promis mardi aux jurés que les témoins allaient exposer un scandale qu'Ankara a tout fait pour étouffer depuis 2013.

M. Zarrab avait alors été au coeur d'une retentissante affaire de corruption impliquant des ministres et des cercles proches du pouvoir. Il avait été arrêté et détenu pendant plus de deux mois en Turquie, avec des dizaines d'autres proches du pouvoir.

Quatre ministres turcs avaient démissionné ou été remerciés, avant que les poursuites soient abandonnées.

Depuis que Reza Zarrab a été arrêté aux Etats-Unis, Ankara, après avoir réclamé en vain sa libération, ne cesse de dénoncer un "complot politique", ourdi par le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis et désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué du 15 juillet 2016 contre M. Erdogan.

Signe que cette affaire empoisonne les autorités, le parquet turc a émis mardi des mandats d'arrêt à l'encontre de deux Turcs accusés d'avoir fourni de faux documents à la justice américaine dans le cadre de ce procès, selon les médias turcs.

cat/faa