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28/11/2017 09:23 EST

Présidentielle au Honduras: le dépouillement se poursuit, les critiques enflent

Le dépouillement se poursuivait mardi au Honduras, deux jours après l'élection présidentielle, amplifiant le sentiment de confusion autour de ce scrutin marqué par des craintes de fraude.

Objet de toutes les critiques, le Tribunal suprême électoral (TSE) donnait mardi à la mi-journée l'opposant de gauche et présentateur TV Salvador Nasralla, novice en politique, toujours en tête. Avec 45,05% des votes, il devançait le président sortant Juan Orlando Hernandez, crédité de 40,29%.

Mais ces résultats partiels, qui ont à peine évolué depuis dimanche soir, portent sur seulement 58,4% des bulletins, selon le site internet de l'institution.

"Afin de garantir la tranquillité de tous, il faut éviter de laisser la place au doute et à l'incertitude", a déclaré mardi l'eurodéputée portugaise Marisa Matias, responsable de la mission des observateurs de l'Union européenne (UE).

"Après deux jours sans nouveaux résultats, le tribunal doit mettre en place une communication plus fluide, en publiant les procès-verbaux au fur et à mesure qu'ils arrivent (...) comme ce fut le cas lors du scrutin de 2013", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse.

L'ONU a également appelé le TSE à "maintenir la population régulièrement informée des résultats du vote".

"Nous savons que nous sommes bombardés de critiques, mais si je n'ai pas de procès-verbaux, je ne peux pas les publier", s'est défendu lors d'un autre point presse le président de l'autorité électorale David Matamoros.

Il assuré que les données seraient publiées sur le site internet du TSE au fur et à mesure que les procès-verbaux seraient reçus et traités.

David Matamoros avait expliqué la veille que le tribunal n'avait reçu que lundi après-midi les procès-verbaux des bureaux les plus éloignés de la capitale.

Il a souligné que le TSE ne proclamerait le vainqueur qu'à l'issue de la comptabilisation du dernier bulletin de vote, ce qui n'est pas attendu, selon lui, avant jeudi.

Une victoire de Nasralla serait synonyme, sur le "court terme", d'"incertitude pour les investisseurs", souligne le cabinet Eurasia dans une note. "Son programme de campagne était très populiste, avec notamment des promesses de suppression d'impôts sur le revenu et de service sociaux gratuits".

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