NOUVELLES
28/11/2017 06:10 EST

Meurtre d'opposant en Iran: prison pour un ancien procureur

Un ancien procureur général de Téhéran, Saïd Mortazavi, a été condamné à deux ans de prison ferme pour sa responsabilité dans la mort en prison d'un opposant en 2009, a indiqué mardi le porte-parole de l'Autorité judiciaire iranienne.

Saïd Mortazavi, procureur général de Téhéran de 2003 jusqu'à son limogeage en 2010, était poursuivi pour "complicité de meurtre" dans l'affaire du décès en prison de Mohsen Ruholamini, arrêté lors des manifestations contre la réélection de l'ex-président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, a déclaré Gholamhossein Mohseni Ejeï, cité par les agences de presse officielle Irna et Tasnim, proche des conservateurs.

"M. Mortazavi a été condamné en première instance à cinq ans de prison mais, étant donné qu'il s'est excusé auprès des plaignants, la Cour d'appel a réduit cette peine à deux ans de prison", a déclaré M. Mohseni Ejeï, cité par Irna.

M. Mortazavi avait été écarté de son poste en août 2010 après le scandale provoqué par la mort, en juillet 2009, de trois opposants à la prison de Kahrizak, à la périphérie sud de Téhéran. Selon une enquête parlementaire, Amir Javadifar, Mohammad Kamrani, et Mohsen Ruholamini, y sont décédés après avoir été torturés.

Deux surveillants de la prison ont été condamnés à mort pour ces meurtres, mais les familles des victimes leur ont évité le châtiment suprême en leur accordant leur pardon, tout en exigeant des poursuites contre de hauts responsables.

Selon le quotidien réformateur Shargh, M. Mortazavi a été acquitté à l'issue d'un premier procès dans lequel les familles de MM. Javadifar et Kamrani étaient parties civiles. A la suite de ce jugement, la famille de M. Ruholamini a lancé une nouvelle procédure contre l'ancien procureur général, exclu de la magistrature à vie en 2014.

Cité par l'agence de presse Tasnim, l'avocat de la famille a déclaré que le jugement était "définitif", laissant entendre que l'accusé n'avait aucune possibilité de recours devant la Cour suprême.

Dénonçant des fraudes massives à la suite de l'annonce de la réélection de M. Ahmadinejad lors du scrutin du 12 juin 2009, les partisans de l'opposition avaient manifesté en masse à plusieurs reprises contre le pouvoir.

La répression des troubles post-électoraux avait fait des dizaines de morts et des milliers de personnes avaient été arrêtées.

Personnalité redoutée, M. Mortazavi s'est illustré à son poste de juge puis de procureur général de Téhéran en faisant emprisonner de nombreux opposants et fermer des dizaines de journaux réformateurs.

neg-mj/iw