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28/11/2017 06:59 EST

Macédoine: coup de filet après les violences au Parlement

Plus de 30 personnes, dont deux députés de l'opposition de droite, d'ex-responsables policiers et un ancien ministre, ont été arrêtées mardi en Macédoine dans l'enquête sur des violences survenues au Parlement en avril.

Le 27 avril, une centaine de nationalistes proches du parti de droite du VMRO-DPMNE avaient fait irruption au Parlement, frappant plusieurs élus, dont le leader social-démocrate (SDSM) Zoran Zaev qui avait été photographié la tête en sang.

Après des mois de paralysie politique, les manifestants entendaient empêcher la formation d'une coalition menée par Zoran Zaev avec l'appui de la minorité albanaise. Le VMRO-DPMNE de l'ancien Premier ministre Nikola Gruevski accusait ses adversaires de brader la souveraineté et l'unité nationale de la Macédoine.

Pour les sociaux-démocrates, Nikola Gruevski usait de cette excuse pour s'accrocher au pouvoir et éviter des poursuites pour corruption.

Selon un communiqué du parquet, les 36 personnes interpellées mardi l'ont été dans le cadre d'une enquête pour "atteinte terroriste à l'ordre constitutionnel et à la sécurité".

Parmi les personnes interrogées figurent l'ancien ministre de l'Intérieur Mitko Cavkov et de députés du VMRO-DPMNE.

Le SDSM accusait les autorités d'avoir laissé volontairement les manifestants entrer dans le Parlement.

Plusieurs centaines de sympathisants du VMRO-DPMNE ont manifesté devant le tribunal mardi pour protester contre ce coup de filet.

"Nous exigeons la libération de tous ceux visés par ce qui s'apparente à une persécution politique classique", a de son côté déclaré Nikola Gruevski lors d'une conférence de presse. Il a accusé ses adversaires "de s'en prendre brutalement à quiconque ne pense pas à la façon macédonienne".

La Macédoine est majoritairement peuplée de Macédoniens slaves. Les Albanais constituent 20 à 25% de la population. Leurs principaux partis ont accepté de s'allier aux sociaux-démocrates en échange de la promesse de droits accrus, notamment dans l'usage de leur langue.

En mai, neuf personnes avaient été condamnées à des peines de prison avec sursis pour leur participation aux violences du 27 avril. Le mois dernier, un militant nationaliste avait été condamné à quatre ans de prison pour avoir violemment agressé une députée du SDSM ce jour-là.

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