NOUVELLES
28/11/2017 07:18 EST

La lutte contre le trafic de drogue sur le "darknet" exige plus de moyens (rapport)

Le trafic de drogue sur la face cachée d'internet, le "darknet", représente une menace croissante contre laquelle l'Europe doit déployer davantage de moyens et accroître la coopération entre les Etats, a estimé mardi à Lisbonne le commissaire européen Dimitris Avramopoulos.

"Il est important d'intensifier la coopération" entre les pays membres de l'Union européenne, a déclaré M. Avramopoulos au cours d'une conférence de presse à Lisbonne au siège de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA).

Cette coopération est importante afin d'avoir "une longueur d'avance sur les criminels", a-t-il souligné, plaidant également pour une coopération plus régulière avec les pays à l'extérieur à l'Union européenne tels que les Etats-Unis.

Le responsable européen réagissait à la publication mardi d'un rapport de l'Observatoire européen des drogues et de l'Office européen des polices Europol dans lequel ces deux agences réclament "davantage d'investissements" pour augmenter leurs capacités dans la lutte contre le phénomène du trafic de drogue sur le "darknet".

Le trafic de stupéfiants représente les deux tiers des échanges réalisés sur le "darknet", une partie obscure d'internet qui n'est pas référencée sur les moteurs de recherche.

Le trafic de substances illégales sur la toile "reste modeste lorsqu'on le compare au marché de la drogue en général", mais il est "en progression" et présente un "potentiel de croissance considérable", selon le rapport.

"Le darknet facilite beaucoup la dissimulation de l'identité pour les criminels", a constaté Rob Wainwright, le directeur d'Europol. "Cela adresse plusieurs défis pour les identifier et protéger les citoyens", a-t-il dit.

En outre, le marché sur internet "a une portée mondiale", a renchéri Alexis Goosdeel, le directeur de l'Observatoire des drogues dans l'Union européenne, en Turquie et en Norvège, également membre de l'EMCDDA.

"En quelques clics, les acheteurs peuvent se procurer facilement n'importe quel type de drogue que ce soit des drogues de synthèse, le cannabis, la cocaïne, l'héroïne ou une série de nouvelles substances (...), ce qui constitue une menace pour la santé et la sécurité des citoyens", s'est-il inquiété.

Les fournisseurs européens sont à l'origine d'environ 46% des ventes de drogue sur le "darknet", une part de marché évaluée à quelque 80 millions d'euros pour la période 2011-2015.

Dans le cadre de ce trafic, "l'Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont les trois premiers pays aussi bien sur le plan des revenus que des quantités", a précisé M. Goosdeel.

Cette dernière décennie, le "darknet" a bouleversé le trafic de drogue par le biais de réseaux "solides (et) capables de se réorganiser rapidement", a expliqué pour sa part le directeur d'Europol.

lf/bcr/bds