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28/11/2017 04:30 EST

La lutte contre le trafic de drogue sur le "darknet" exige plus de moyens (rapport)

Le trafic de drogue sur la face cachée d'internet, le "darknet", représente une menace croissante contre laquelle l'Europe doit déployer davantage de moyens, selon un rapport publié mardi par Europol et l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA).

Pour lutter contre ce phénomène, "il est nécessaire d'investir davantage pour augmenter nos capacités", ont souligné les deux agences dans ce document présenté à Lisbonne.

"Il nous faut avoir une longueur d'avance sur les criminels. C'est pour cela que nous renforçons nos efforts pour lutter contre les drogues illicites et que nous mettons l'accent sur la cybersécurité", a déclaré le commissaire européen en charge des Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos.

Le trafic de stupéfiants représente les deux tiers des échanges réalisés sur le "darknet", une partie obscure d'internet non référencée sur les moteurs de recherche.

Le trafic de substances illégales sur internet "reste modeste lorsqu'on le compare au marché de la drogue en général", mais il est "en progression" et présente un "potentiel de croissance considérable", selon le rapport.

"En quelques clics, les acheteurs peuvent se procurer facilement n'importe quel type de drogue que ce soit des drogues de synthèse, le cannabis, la cocaïne, l'héroïne, ou une série de nouvelles substances (...) ce qui constitue une menace pour la santé et la sécurité des citoyens", s'est inquiété le directeur de l'Observatoire des drogues, Alexis Goosdeel.

Les fournisseurs européens, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, sont à l'origine d'environ 46% des ventes de drogue sur le "darknet", une part de marché évaluée à quelque 80 millions d'euros pour la période 2011-2015.

Cette dernière décennie, le "dark web" a bouleversé le trafic de drogue grâce à des réseaux "solides (et) capables de se réorganiser rapidement", a expliqué le directeur d'Europol Rob Wainright.

Pour lutter contre ces fournisseurs, il a plaidé pour "une coopération et un partage des renseignements à l'échelle européenne".

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