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28/11/2017 06:04 EST

La France devrait quadrupler le nombre de "retours aidés" vers l'Albanie cette année

La France devrait quadrupler cette année le nombre des "retours aidés" vers l'Albanie, devenue depuis 2016 le premier pays d'origine des demandeurs d'asile dans l'Hexagone, a-t-on appris mardi auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii).

Au 22 novembre, 1.329 Albanais avaient accepté le pécule de 300 euros proposé pour regagner leur pays. "Nous allons dépasser les 1.500 retours volontaires en 2017", contre 362 retours aidés en 2016, a indiqué à l'AFP Didier Leschi, le directeur général de l'Ofii.

Les préfectures ont eu pour consigne d'émettre des "Obligations de quitter le territoire français" avec interdiction de retour "afin d'éviter des effets de noria", a-t-il précisé.

Un "vol groupé" vers Tirana doit être organisé depuis Lyon (sud-est) mercredi, avec 134 volontaires. C'est le plus important "vol groupé" organisé par l'Ofii cette année, sur un total de 271.

La France cherche à promouvoir le dispositif des retours aidés, moins coûteux mais dénoncés par les ONG comme des expulsions masquées.

Candidate à l'UE et considérée comme "pays d'origine sûre", l'Albanie a été l'an dernier le premier pays d'origine des demandeurs d'asile en France, avec 7.432 dossiers (mineurs compris), soit un doublement sur un an, selon l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

La tendance devrait s'amplifier puisque le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait fait état fin octobre d'une hausse "absolument exponentielle" en précisant qu'au premier semestre, 4.200 demandes de ressortissants albanais avaient déjà été décomptées.

Ceux-ci obstruent "l'ensemble des structures d'asile" en occupant 20% du dispositif d'hébergement, avait-il ajouté.

Fin juillet, Tirana a présenté à la France "un plan d'actions" visant à obtenir dans les trois mois des "résultats concrets" contre cette immigration.

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