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28/11/2017 00:40 EST

L'Irlande suspendue à la possibibilité d'élections anticipées

Le gouvernement irlandais du Premier ministre Leo Varadkar se prépare à affronter mardi soir une motion de censure qui pourrait entraîner sa chute et des élections anticipées en pleines fêtes de fin d'année et à un moment crucial des négociations sur le Brexit.

La motion a été déposée par le parti Fianna Fáil (centre-droit), dont le soutien est nécessaire au Fine Gael (centre-droit également) de M. Varadkar qui ne dispose pas de la majorité au Parlement.

Elle doit être soumise au vote des députés irlandais à partir de 20H00 GMT, à moins d'un accord de dernière minute entre les deux partis ennemis contraints à l'entente depuis les législatives de 2016.

La crise a été provoquée par la volonté du Fianna Fáil de voir démissionner la vice-Première ministre, Frances Fitzgerald, qu'il juge coupable d'inaction et de dissimulation d'informations concernant une affaire qui éclabousse la police depuis plusieurs années. Ce que M. Varadkar a exclu.

Des pourparlers entre le leader du Fianna Fáil, Micheál Martin, et le Premier ministre ont lieu quotidiennement depuis jeudi et, à la faveur du week-end, le ton s'était adouci, laissant même entrevoir lundi une possible sortie de crise.

Mais tandis que les deux hommes se sont entretenus jusque tard lundi soir, de nouveaux documents concernant le rôle joué par Frances Fitzgerald dans le scandale qui éclabousse la police depuis 2014 ont été publiés et pourraient relancer les débats. Mme Fitzgerald est accusée d'avoir menti sur ce qu'elle savait au sujet d'une campagne de dénigrement supposée menée par la direction de la police contre un officier, Maurice McCabe.

- Loyauté aveugle-

Juste après la publication de ces éléments, le porte-parole du parti sur les questions de justice, Jim O'Callaghan, a réaffirmé devant la presse: "notre position n'a pas changé, elle devrait partir".

Après une brève rencontre avec le Premier ministre, Frances Fitzgerald a semblé écarter cette hypothèse, déclarant sur Twitter qu'elle souhaitait se défendre devant la commission chargée de l'enquête sur des pratiques qui avaient été dénoncées au sein de la police, sans évoquer de démission.

Le gouvernement et le Fine Gael continuent eux aussi de faire bloc autour de la ministre, au grand dam de certains élus du parti. L'un d'eux estimant, sous couvert d'anonymat, auprès du journal Irish Times que "cette loyauté aveugle de la part de Leo envers Frances ne peut pas marcher".

De son côté, le Premier ministre, qui devait revoir le leader du Fianna Fáil mardi matin, affirmait encore lundi: "Nous essayons de trouver un compromis qui permettrait au gouvernement de poursuivre le travail important qui nous attend", en référence notamment au conseil européen crucial du 15 décembre où sera abordée la question de la frontière irlandaise dans les négociations sur le Brexit.

Ces derniers jours, les médias du pays ont relayé une opinion majoritairement hostile à la tenue d'élections à un moment aussi critique et aussi proche des fêtes, sans garantie qu'un scrutin modifie l'équilibre politique.

Le dernier sondage Sunday Business Post-Red C donne le Fine Gael à 27% de soutien dans l'opinion, contre 26% pour le Fianna Fáil et 16% pour le Sinn Féin, laissant planer l'hypothèse d'un nouveau gouvernement minoritaire en cas d'élections anticipées.

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