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28/11/2017 18:33 EST

Japon: le grand champion de sumo ayant agressé un rival met fin à sa carrière

Le grand champion de sumo (yokozuna) Harumafuji, au coeur d'un scandale d'agression d'un jeune rival lors d'une soirée entre lutteurs, va mettre fin à sa carrière, a annoncé mercredi aux médias le directeur de son écurie.

Agé de 33 ans et de nationalité mongole, Harumafuji a plongé dans l'embarras les milieux japonais du sumo, sport national du pays, après avoir violemment agressé en octobre un autre sumotori mongol, Takanoiwa, qui a dû être hospitalisé pour fracture du crâne et commotion cérébrale.

L'écurie de sa victime a porté plainte contre lui il y a deux semaines, juste après la révélation de l'affaire au grand public. La police a ouvert une enquête, tout comme l'Association japonaise de sumo.

Harumafuji, qui a accédé en 2012 au rang suprême de yokozuna et remporté la prestigieuse Coupe de l'Empereur à cinq reprises, a démenti avoir fracassé une bouteille de bière sur la tête de Takanoiwa mais a avoué l'avoir frappé des poings et avec une télécommande de karaoké.

Le grand champion a expliqué avoir perdu son sang-froid quand Takanoiwa, 27 ans, a commencé à écrire un message à sa petite amie sur son smartphone, alors que son aîné était précisément en train de lui reprocher une mauvaise attitude.

Ce scandale, qui a eu un énorme retentissement au Japon, a rouvert les cicatrices du monde corseté du sumo, déjà ébranlé ces dernières années par des accusations d'abus physiques extrêmes, des affaires de drogue, de paris illégaux et de liens avec le crime organisé.

Un maître d'écurie a notamment été condamné à six ans de prison après la mort en 2007 d'un jeune apprenti, passé à tabac par ses aînés, prétendument pour l'endurcir.

L'affaire Harumafuji rappelle celle d'un autre yokozuna mongol, Asashoryu, qui avait mis fin à sa carrière en 2010 après avoir été accusé d'avoir agressé un homme devant une boîte de nuit à Tokyo.

Les champions de sumo sont adulés au Japon mais doivent théoriquement faire preuve d'une conduite exemplaire, y compris en dehors du "dohyo", le ring de ce sport de lutte traditionnel, dont les origines remontent à plus de 2.000 ans et qui conserve de nombreux rituels religieux shinto.

L'affaire Harumafuji est "extrêmement regrettable" a commenté mercredi le Premier ministre Shinzo Abe, s'exprimant lors d'une session parlementaire, promettant "des mesures appropriées" du ministère des Sports quand les faits de cet incident seront clairement établis.

"Les gens engagés dans le sumo doivent avoir conscience que le sumo est le plus ancien sport au Japon. Ils doivent agir avec responsabilité pour éviter que cette violence ne ressurgisse, et ne jamais trahir les attentes des Japonais", a ajouté le ministre de l'Education et des Sports Yoshimasa Hayashi.

al-etb-kh/dar