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28/11/2017 04:51 EST

Hongrie: un oligarque se fait tagueur anti-Orban

L'irréductible brouille politique entre le dirigeant hongrois Viktor Orban et son ami de lycée Lajos Simicska a pris un tour insolite: M. Simicska, influent homme d'affaires de 57 ans, revendique avoir tagué, lors d'une virée nocturne, un graffiti ordurier contre son ennemi juré.

La presse en ligne hongroise relayait abondamment mardi une photo de ce magnat des médias à l'allure replète, posant, une bombe de spray à la main, devant une affiche sur laquelle était taguée l'inscription "Orban est un crachat", formulée dans un hongrois très ordurier.

L'affiche en question n'a pas été choisie au hasard: il s'agit d'un des panneaux géants sur lesquels est relayée la campagne du gouvernement hongrois contre le milliardaire américain George Soros, dans le cadre d'une "consultation nationale" très controversée sur les activités du milliardaire.

Après avoir été l'allié le plus fidèle du conservateur Viktor Orban dans son ascension vers le pouvoir, Lajos Simicska, classé 11ème fortune de Hongrie, est devenu l'un de ses opposants les plus virulents à la suite d'une brouille, publiquement consommée fin 2014, dont l'origine reste nébuleuse.

L'homme d'affaires à la tête d'un empire médiatique, dont le quotidien Magyar Nemzet et la chaîne de télévision Hir-TV devenus fer de lance de l'opposition de droite, est un récidiviste. Début octobre, il avait déjà revendiqué avoir commis plusieurs tags anti-Orban dans sa ville de Veszprem (ouest) avant que la police ne mette le holà.

La brouille durable entre Viktor Orban et son ami de lycée, qui possède également une société d'affichage publicitaire, a désormais pour toile de fond les élections législatives du printemps 2018 qui verront le Premier ministre souverainiste briguer un troisième mandat d'affilée.

Lajos Simicska, qui fut l'un des piliers de la création du parti conservateur Fidesz de M. Orban, soutient désormais le Jobbik, première formation d'opposition née en 2003 à l'extrême droite du spectre politique.

Pour espérer battre Viktor Orban, en tête des sondages, le Jobbik a entrepris depuis plusieurs mois de modérer son discours ultranationaliste pour se présenter comme un parti rassembleur luttant contre la corruption alléguée des élus au pouvoir.

mg-smk/lch