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28/11/2017 02:38 EST

Grèce: les réformes sous la loupe des créanciers, grève des fonctionnaires

Les représentants des créanciers de la Grèce ont entamé mardi à Athènes la troisième revue de l'actuel programme d'aide au pays, qui déterminera le versement de la prochaine tranche de prêts, alors que le secteur public appelle à la grève le 14 décembre.

Les représentants de l'UE, de la BCE, du MES (Mécanisme européen de stabilité) et du FMI, discutaient mardi avec les ministres des Finances et de l'Economie, Euclide Tsakalotos et Georges Stathakis, de privatisations dans le secteur de l'énergie, selon un communiqué ministériel.

Parmi les engagements de la Grèce auprès de ses créanciers, en contrepartie du troisième prêt au pays depuis 2010, signé par l'actuel gouvernement de gauche en juillet 2015, figure en effet la vente de 40% des centrales au lignite de l'entreprise publique d'électricité (DEI) et "la restructuration de la société du gaz naturel, Depa", rappelle mardi le quotidien des affaires Naftemporiki.

Une manifestation des employés de la DEI est prévue mardi après-midi devant les locaux de cette entreprise à Athènes.

Les discussions avec les créanciers vont se poursuivre jusqu'à la fin de la semaine et porteront sur d'autres privatisations et sur la dérégulation du marché du travail.

L'objectif est de conclure un accord "technique" d'ici le 4 décembre, lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) à Bruxelles.

La conclusion de la "troisième évaluation" du programme grec est prévu à l'Eurogroupe du 22 janvier et doit ouvrir la voie pour le virement d'une nouvelle tranche de prêts au pays endetté.

Ayant renoué avec la croissance en 2017 après une récession consécutive de neuf ans durant laquelle un quart du produit intérieur brut (PIB) grec s'est évaporé pour cause de crise de la dette, le projet du budget d'Etat pour 2018 table désormais sur une croissance de 1,6% pour cette année et 2,5% pour 2018.

Toutefois, ce redressement est imputé par les syndicats à l'augmentation des taxes et à la baisse des retraites, qui continuent à nourrir la grogne sociale.

Le syndicat des fonctionnaires Adedy a appelé à un arrêt de travail de trois heures mercredi, en prélude à une grève de 24 heures le 14 décembre.

L'Adedy réclame "la suppression d'une loi" récente ayant augmenté les cotisations sociales, dénonce les licenciements des contractuels et la mesure d'évaluation des fonctionnaires, dictée par les créanciers pour améliorer la rentabilité du secteur public.

"Nous réclamons des emplois stables et permanents (...), des embauches dans les secteurs de la santé, de l'éducation, et dans tous les services sociaux", indique un communiqué de l'Adedy.

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