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28/11/2017 08:46 EST

Fin du procès pour viol collectif qui a mobilisé les Espagnoles

Le procès pour viol collectif qui a déclenché en Espagne une vague de soutien aux femmes victimes d'agressions sexuelles s'est achevé mardi à Pampelune (nord) sur les plaidoiries de la défense affirmant une fois encore que c'était un rapport consenti.

Les avocats des cinq accusés, des Sévillans de 27 à 29 ans, ont plaidé l'acquittement, assurant comme il l'ont fait depuis le début du procès, que la plaignante était consentante.

La veille, la procureure avait, dans un réquisitoire sans concessions rapporté par la presse, souligné l'incongruité de leurs arguments, rappelant que la jeune femme ne s'était jamais auparavant adonnée au sexe en groupe, avait rencontré ces cinq hommes sept minutes avant les faits, et qu'elle ne connaissait même pas leurs noms.

Elle a requis 22 ans et 10 mois de réclusion pour chacun des cinq, accusés d'avoir violé la jeune femme de 18 ans le 7 juillet 2016 en filmant leurs actes.

La défense a tenté d'utiliser cette pièce à conviction en principe incriminatoire en assurant que la jeune femme ne semblait pas à l'image refuser les actes imposés.

"On ne voit pas d'agression sexuelle, on voit des relations sexuelles, point", a déclaré à des journalistes l'avocat de trois des accusés, Agustin Martinez Becerra.

"L'intimidation a été gravissime et a empêché la résistance ou la fuite, elle n'a eu d'autre solution que de se soumettre", a répondu la procureure Elesa Sarasate lundi, lors de la première audience ouverte au public, rapporte le journal en ligne eldiario.es.

Le procès était jusqu'ici à huis-clos pour protéger l'intimité de la plaignante, alors que les médias espagnols relayaient abondamment des détails scabreux sur "La Meute", le surnom que se donnaient les accusés sur un groupe WhatsApp.

Mardi, les avocats des accusés n'ont admis que le vol du téléphone portable de la jeune femme.

La partie plaignante a pour sa part plaidé 24 ans et neuf mois de réclusion pour chacun des accusés, et 250.000 euros d'indemnisation.

Le procès a déclenché en Espagne, où la lutte contre les violences faites aux femmes est une cause nationale depuis des années, une vague de soutiens envers la jeune femme, dans la rue et sur les réseaux sociaux, au cri de "Moi, je te crois".

Le verdict sera connu dans un à deux mois, selon le porte-parole du tribunal.

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