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28/11/2017 10:33 EST

Dopage - La Russie s'expose à des sanctions plus lourdes en niant le système (McLaren)

Richard McLaren, qui a conduit l'enquête révélant un système de dopage institutionnalisé en Russie, a estimé mardi que le pays s'exposait à des sanctions plus lourdes en niant, à quelques jours d'une décision cruciale du CIO sur la participation russe aux jeux Olympiques d'hiver de Pyeongchang.

"Parfois je me demande s'ils ont lu réellement le rapport", a ironisé l'avocat canadien, interrogé par des journalistes alors qu'il intervenait lors de la conférence internationale sur l'intégrité dans le sport "Play the game", à Eindhoven.

Les services d'enquêtes russes ont affirmé mardi que l'ancien patron du laboratoire antidopage de Moscou, Grigori Rodtchenkov, aujourd'hui réfugié aux États-Unis et à l'origine des premières révélations sur le système, avait "lui-même" distribué les produits et manipulé les tests. Des conclusions qui réfutent à nouveau toute participation de l'Etat dans un dopage organisé.

"Dans la position où il est aujourd'hui, je pense qu'il serait extrêmement dangereux de mentir", a au contraire affirmé Richard McLaren, estimant que Rodtchenkov risquait l'expulsion des États-Unis vers son pays d'origine.

Moscou a toujours réfuté la dimension institutionnelle du système de dopage révélé par l'enquête McLaren. Dans les deux volets de son enquête, sortis en 2016, l'avocat canadien missionné par l'Agence mondiale antidopage (AMA) a mis en lumière un système impliquant les rouages de l'Etat, notamment le ministère des sports russes, accusé d'avoir donné l'ordre de truquer les résultats de contrôles, ou les services secrets FSB, intervenus à l'occasion des jeux Olympiques d'hiver de Sotchi en 2014 pour falsifier les échantillons.

Revenant ensuite sur les attaques les plus virulentes de la Russie contre son rapport, McLaren a ajouté: "plus vous exprimez ce genre de déclarations pour nier, plus vous vous exposez à une série de sanctions plus fortes contre vous".

La commission exécutive du Comité international olympique (CIO) doit décider la semaine prochaine si les athlètes russes sont autorisés à participer aux jeux Olympiques de Pyeongchang, qui auront lieu en février. Ces dernières semaines, le CIO a retiré onze médailles sur les 33 remportées par la Russie à Sotchi.

Le président russe Vladimir Poutine avait suggéré en octobre que les accusations étaient orchestrées par les États-Unis pour nuire au déroulement de la présidentielle de mars 2018 en Russie.

"Les travaux (d'enquête) ont été réalisés il y a plus d'un an. Cela n'a aucune crédibilité (...) bien sûr, il y a un jeu politique, mais je ne joue pas ce jeu", a commenté McLaren.

arb/dif