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28/11/2017 00:46 EST

Allemagne: une ex-membre de la Fraction armée rouge s'excuse

Une ancienne membre de la Fraction armée rouge s'est officiellement excusée pour le meurtre du chef du patronat allemand dans les années 1970, auquel elle a participé il y a quarante ans, dans des propos rapportés mardi par la presse.

"Cela sonne tellement plat, mais je veux avant tout vous demander pardon", a déclaré Silke Maier-Witt au fils d'Hanns Martin Schleyer, abattu par le groupuscule armé d'extrême gauche en octobre 1977, lors d'une rencontre organisée par le quotidien Bild.

Âgée de 67 ans, elle a écopé dans le passé de 10 ans de prison, et purgé sa peine, pour avoir participé à l'enlèvement et l'assassinat du patron des patrons allemands.

Celle qui vit désormais à Skopje, en Macédoine, a de longue date renié ses actes en tant que membre de l'organisation clandestine d'extrême gauche, fondée en 1970 et responsable de la mort d'une trentaine de personnes entre 1971 et 1991.

Mais elle reconnaît avoir toujours évité une "confrontation directe" avec les proches de M. Schleyer. "C'était une certaine lâcheté, que j'assume aussi", avoue-t-elle dans son échange avec Jörg Schleyer, rapporté par le journal populaire.

Symbole du capitalisme allemand, Hanns Martin Schleyer a été enlevé le 5 septembre 1977 à Cologne. Son corps avait été retrouvé dans le coffre d'une voiture à Mulhouse, en France, en octobre de la même année.

L'enlèvement, au cours duquel trois policiers et le chauffeur de M. Schleyer avaient été tués, était destiné à obtenir la libération de onze militants de l'organisation clandestine d'extrême gauche, et en particulier son fondateur Andreas Baader.

Silke Maier-Witt n'a jamais rencontré le chef du patronat. Elle était chargée de retranscrire les enregistrements des interrogatoires menés par des complices, entre autres Angelika Speitel et Peter-Jürgen Boock, raconte-t-elle.

Sur une de ces bandes, "je me souviens que votre père a dit que, concernant le capitalisme et l'impérialisme, les choses n'étaient pas aussi simples que nous l'imaginions", se souvient-elle.

Alors que Jörg Schleyer lui demande comment son père est mort, elle répond: "il a été exécuté. C'est un fait".

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