NOUVELLES
28/11/2017 03:11 EST

Affaire Zarrab: deux Turcs visés par des mandats d'arrêt de la justice turque

Le parquet d'Istanbul a émis mardi des mandats d'arrêt à l'encontre de deux Turcs accusés d'avoir fourni de faux documents à la justice américaine dans le cadre d'un procès potentiellement explosif pour Ankara, selon les médias.

Les mandats d'arrêt visent Osman Zeki Canitez, auditeur de banque agréé, et Aykan Erdemir, ancien député de l'opposition désormais analyste à la Fondation pour la Défense de la démocratie, régulièrement cité en tant qu'expert par les médias, rapportent les agences Anadolu et Dogan.

MM. Canitez et Erdemir figurent, selon Dogan, sur une liste remise lundi à New York aux jurés potentiels contenant les noms de personnes, banques et autres entités qui pourraient être mentionnées ou appelées à témoigner pendant un procès pour violation de l'embargo américain contre l'Iran. L'homme d'affaires turco-iranien Reza Zarrab et le banquier turc Mehmet Hakan Atilla ont été inculpés dans le cadre de ce procès.

M. Canitez, actuellement en fuite, et M. Erdemir, installé aux Etats-Unis, sont poursuivis par la justice turque pour fraude, vol, destruction et transport à l'étranger de documents relevant de la sécurité nationale.

Ils sont accusés d'avoir fourni de faux documents à la justice américaine dans le cadre du procès de New York, selon Dogan.

Ce procès a contribué à tendre les relations entre Ankara et Washington, la Turquie dénonçant une affaire ourdie par le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis et désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué du 15 juillet 2016.

M. Atilla était seul lundi sur le banc des accusés pour la sélection des jurés de ce procès, dont les plaidoiries d'ouverture doivent commencer dès mardi. Son absence laisse penser que M. Zarrab, arrêté en 2016 lors d'une visite à Disney World, a plaidé coupable lors d'une négociation de peine et qu'il pourrait ne pas être jugé.

Reste à savoir s'il coopère avec les procureurs américains et s'il pourrait témoigner pour l'accusation et éventuellement éclabousser le gouvernement du président turc Recep Tayyip Erdogan lors de ce procès.

D'éventuelles révélations de M. Zarrab pourraient en effet nuire aux dirigeants turcs, et en particulier à M. Erdogan, car le magnat de l'or avait été en 2013 au coeur d'une retentissante affaire de corruption impliquant des ministres et des cercles proches du pouvoir.

M. Erdogan, alors Premier ministre, avait qualifié ce scandale de complot qu'il avait imputé à M. Gülen.

lsb/ezz/lch

THE WALT DISNEY COMPANY

ERDEMIR - EREGLI DEMIR VE CELIK FABRIKALARI