NOUVELLES
19/11/2017 05:19 EST

Tusk voit "un plan du Kremlin" dans la gestion du gouvernement polonais

Le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, s'est alarmé dimanche des tensions entre le gouvernement conservateur de son pays avec l'Ukraine et l'UE, se demandant si ce n'était pas "un plan du Kremlin".

"En tant que président du Conseil européen", l'instance regroupant les 28 dirigeants de l'UE, M. Tusk "n'a rien fait pour la Pologne", a immédiatement réagi la Première ministre Beate Szydlo, l'accusant d'"utiliser sa position pour attaquer le gouvernement polonais". "Il attaque la Pologne", s'est-elle exclamée sur Twitter.

M. Tusk, ex-Premier ministre libéral polonais, a été érigé en ennemi juré par le parti nationaliste et conservateur PiS qui lui a succédé au pouvoir à Varsovie en 2015.

Il a dit dimanche vouloir sonner "l'alarme" sur son compte Twitter personnel.

M. Tusk a énuméré une série d'évènements récents --notamment les tensions avec Kiev sur des massacres de Polonais commis par des nationalistes ukrainiens pendant la Seconde guerre mondiale-- ou le bras de fer de l'UE avec le gouvernement polonais actuel pour sa réforme de la justice.

"Une dispute intense avec l'Ukraine, l'isolation au sein de l'Union européenne, l'abandon de l'Etat de droit et de l'indépendance de la justice, des attaques contre le secteur des organisations non gouvernementales et les médias libres... Est-ce que ceci est la stratégie du PiS ou un plan du Kremlin?", a-t-il demandé.

"C'est trop similaire pour dormir en paix", a ajouté M. Tusk.

L'Ukraine et la Pologne, qui s'étaient fortement rapprochées après l'annexion de la Crimée en 2014 en raison d'inquiétudes pour leur sécurité face à la Russie, traversent une période de tensions en raison d'un épisode de la Seconde guerre mondiale.

Varsovie reproche à Kiev d'empêcher l'exhumation de victimes polonaises des massacres en Volhynie, région orientale de l'Etat polonais d'avant 1939 actuellement ukrainienne.

La Pologne reproche à l'Ukraine de n'avoir pas explicitement condamné les massacres, commis par les nationalistes ukrainiens de l'armée insurrectionnelle UPA, qui ont fait en 1943 au moins 50.000 morts au sein de la minorité polonaise de cette région.

Le gouvernement du PiS a par ailleurs engagé une série de réformes touchant au Tribunal constitutionnel, aux tribunaux de droit commun et au Conseil national de la magistrature, critiquées par les milieux judiciaires polonais et la Commission européenne.

L'exécutif européen a émis, en vain jusqu'ici, des "recommandations" pour modifier ces réformes, dans le cadre d'une procédure --encore jamais utilisée-- qui peut aboutir à une suspension des droits de vote d'un pays au sein du Conseil de l'Union, l'instance regroupant les 28.

axr/mra