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19/11/2017 03:54 EST

Syrie: réunion ministérielle Moscou-Téhéran-Ankara en Turquie

Les chefs de la diplomatie russe, iranienne et turque se sont réunis dimanche en Turquie pour préparer un sommet trilatéral consacré à la Syrie qui se déroulera mercredi dans la station balnéaire russe de Sotchi.

Le Russe Sergueï Lavrov, l'Iranien Mohammad Javad Zarif et leur hôte turc Mevlüt Cavusoglu se sont retrouvés à Antalya (sud de la Turquie) pour une réunion à huis clos qui a été "très productive", selon l'émissaire de Moscou.

Les trois diplomates en chef se sont entendus sur "tous les points clés", a indiqué dans un communiqué M. Lavrov, sans davantage de précisions.

Cette réunion, précédée d'une rencontre d'"experts" des trois pays en Iran, visait à préparer un sommet qui se tiendra mercredi à Sotchi en présence des présidents russe Vladimir Poutine, iranien Hassan Rohani et turc Recep Tayyip Erdogan, dont les pays jouent un rôle important en Syrie.

Moscou, Téhéran et Ankara parrainent un accord visant à réduire l'intensité des combats pour préparer le terrain à une solution politique au conflit syrien qui a fait plus de 330.000 morts et provoqué le déplacement de millions de personnes depuis mars 2011.

Cet accord d'Astana, du nom de la capitale kazakhe où il a été négocié, a permis d'instaurer des "zones de désescalade" prévoyant l'arrêt des combats. Dans ce cadre, la Turquie a notamment déployé des troupes dans la province rebelle d'Idleb (nord-ouest).

"Grâce au processus d'Astana, nous avons permis d'affermir le cessez-le-feu sur le terrain à l'aide des +zones de désescalade+", a déclaré M. Cavusoglu après la réunion à Antalya, selon des propos rapportés par l'agence de presse étatique turque Anadolu.

Désormais, a-t-il ajouté, "il faut d'une part continuer de lutter contre l'organisation terroriste Daech (acronyme arabe de l'EI) et, d'autre part, donner davantage d'importance au processus politique" en Syrie.

- 'Tourner la page' -

Cité par la télévision d'Etat iranienne, M. Zarif a dit espérer un "bon sommet mercredi et tourner la page noire et amère du terrorisme en Syrie".

La Russie et l'Iran soutiennent le président syrien Bachar al-Assad, alors que la Turquie appuie les rebelles qui cherchent à le renverser, même si Ankara a mis en sourdine ces derniers mois ses critiques les plus dures à l'endroit du régime de Damas.

Malgré leurs positions contradictoires, la Turquie et la Russie ont mis ces derniers mois leurs différends de côté pour coopérer sur le dossier syrien. Les deux pays ont traversé une grave crise diplomatique après la destruction par l'aviation turque en novembre 2015 d'un appareil russe au-dessus de la frontière syrienne.

La Turquie reste toutefois fermement opposée à toute participation des groupes kurdes syriens PYD et YPG aux négociations sur l'avenir de la Syrie, et l'a rappelé dimanche à la Russie et à l'Iran, selon M. Cavusoglu.

D'après lui, les trois ministres ont par ailleurs "discuté brièvement" d'un déploiement "dans les plus brefs délais" de forces russes et iraniennes autour de la "zone de désescalade" d'Idleb.

Les chefs d'état-major russe, turc et iranien se réuniront avant le sommet de Sotchi pour "des discussions techniques" à ce sujet, a indiqué M. Cavusoglu, cité par Anadolu.

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