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18/11/2017 06:58 EST

La présence de l'OLP à Washington menacée, selon les Palestiniens

Les Etats-Unis ont refusé de renouveler l'autorisation permettant à l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) d'avoir une représentation à Washington, une première depuis les années 1980, a dénoncé samedi à l'AFP le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki.

L'OLP du président palestinien Mahmoud Abbas est vue par la communauté internationale comme l'organisation représentant le peuple palestinien, et elle chapeaute l'Autorité palestinienne.

Elle doit obtenir tous les six mois une autorisation de fonctionnement pour son bureau dans la capitale américaine.

"L'Autorité palestinienne a reçu il y a deux jours une lettre du département d'Etat (américain) indiquant que le secrétaire d'Etat n'avait pas trouvé assez de raisons de garder ce bureau ouvert", a affirmé M. Malki.

"Ceci ne s'est jamais produit dans le passé et nous avons demandé des clarifications au département d'Etat et à la Maison Blanche", a-t-il ajouté. "Ils nous ont répondu qu'il y aurait une réunion d'experts de haut niveau lundi et ils nous donneront alors une réponse claire", a ajouté le ministre palestinien.

La présidence américaine qui avait appelé à la fermeture de ce bureau, avait décidé dans un premier temps de conditionner son maintien à une autorisation renouvelable tous les six mois auprès du département d'Etat.

Il y a deux jours, une de ces périodes de six mois s'est terminée.

"C'est la première fois depuis les années 1980 qu'il y a un retard pour obtenir cette autorisation nécessaire au fonctionnement du bureau", a souligné M. Malki.

Il a laissé entendre que le dernier discours du président Abbas à l'Assemblée générale de l'ONU pourrait être la raison du refus américain. Ce dernier avait indiqué que les Palestiniens dénonçaient la colonisation israélienne dans une saisine à la Cour pénale internationale (CPI).

Les Etats-Unis, comme Israël, ne reconnaissent pas la CPI, premier tribunal permanent chargé de juger les génocides, crimes de guerre et crimes contre l'Humanité.

La colonisation qui consiste à construire des implantations civiles israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés est considérée comme contraire au droit international.

Le Palestinien Saeb Erekat, négociateur de paix, a écrit aux autorités américaines en dénonçant une décision "inacceptable" qui "menace de mettre fin au rôle des Etats-Unis dans le processus de paix", a indiqué M. Malki.

Les responsables de l'Autorité palestinienne se réuniront lundi pour décider des suites à donner à cette affaire.

Même si son permis n'a pas été renouvelé, le bureau de l'OLP peut continuer à fonctionner "de manière réduite" encore 90 jours, ce qui laisse du temps pour d'éventuelles négociations, selon M. Malki.

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