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18/11/2017 09:34 EST

L'Ukraine convoque l'ambassadeur polonais à Kiev

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a convoqué samedi l'ambassadeur de Pologne à Kiev à la suite de tensions entre les deux pays liées à des massacres commis par les nationalistes ukrainiens pendant la Seconde guerre mondiale.

"Nous convoquons d'urgence l'ambassadeur de Pologne en Ukraine", a annoncé sur Twitter la porte-parole de la diplomatie ukrainienne Mariana Betsa.

Selon elle, cette décision fait suite au refus d'entrée sur le territoire polonais d'un responsable ukrainien, le secrétaire général de la Commission gouvernementale ukrainienne pour la mémoire des victimes de la guerre et des répressions politiques, Sviatoslav Cheremet.

A Varsovie, le porte-parole de la diplomatie polonaise Artur Lampart a confirmé aux médias polonais que M. Cheremet s'était vu refuser d'entrer sur le territoire.

Il a justifié cette décision par les obstacles qu'opposerait selon lui Kiev à l'exhumation de victimes polonaises des massacres en Volhynie, région orientale de l'Etat polonais d'avant 1939 actuellement ukrainienne.

Ce dossier fait l'objet de tensions récurrentes ces dernières semaines alors que Varsovie a été l'un des plus proches soutiens de Kiev face à la Russie à la suite de l'annexion de la Crimée et de l'éclatement du conflit avec les séparatistes prorusses dans l'est ukrainien.

La Pologne reproche à l'Ukraine de n'avoir pas explicitement condamné les massacres, commis par les nationalistes ukrainiens de l'armée insurrectionnelle UPA, qui ont fait en 1943 au moins 50.000 morts au sein de la minorité polonaise de Volhynie. Pour la Pologne, il s'est agi d'un "génocide", terme utilisé dans une résolution du parlement en 2016.

La résistance polonaise y avait mené des actions de représailles, mais de bien moindre importance. Cependant, aux yeux des historiens ukrainiens, ces actions justifient qu'on mette sur le même plan les actes commis par les deux parties et donc l'absence d'excuses de Kiev.

Selon des médias polonais, la Pologne a déjà interdit d'entrée sur son territoire Volodymyr Viatrovytch, directeur de l'Institut ukrainien de la mémoire nationale pour des raisons similaires.

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