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18/11/2017 01:06 EST

Gouvernement allemand : Merkel entame un week-end de pourparlers décisif

Angela Merkel et son camp conservateur ont entamé samedi un ultime et difficile week-end de négociations marathon pour tenter d'arracher un accord de principe visant à former un gouvernement et éviter à l'Allemagne une crise politique majeure.

La chancelière au pouvoir depuis 2005 a certes remporté fin septembre les élections législatives dans la plus grande économie européenne mais avec un score décevant, du fait notamment de la percée de l'extrême droite, qui la prive de majorité évidente.

Depuis plus d'un mois, elle négocie une coalition a priori contre nature entre son parti, lui-même écartelé entre aile modérée et très conservatrice, les Libéraux du FDP, pro-business et aux tendances eurosceptiques, et les écologistes europhiles.

Une première date-butoir pour parvenir à un résultat a été dépassée jeudi soir. La deuxième, et probablement dernière, a été fixée à dimanche soir. Vendredi, un nouveau round s'était terminé en début de soirée.

A leur arrivée au siège berlinois de la CDU, le parti d'Angela Merkel où se tiennent les pourparlers samedi, la plupart des leaders politiques semblaient plutôt pessimistes.

"Il y a la volonté de faire en sorte que cette tâche politique réussisse, mais elle ne peut pas réussir à n'importe quel prix", a d'emblée mis en garde Alexander Dobrindt, membre de la CSU, parti bavarois allié de Mme Merkel.

"Dimanche à 18H00 (17H00 GMT), c'est fini. Ce week-end, il faut décider", a prévenu Christian Lindner, le patron du FDP avant que ne débutent ces ultimes tractations.

"Je crois que ce soir, on pourra mieux apprécier si ça fonctionne ou pas. Mais c'est (dimanche) qu'on décidera", a renchéri côté Horst Seehofer, patron de la CSU.

- Erosion -

Angela Merkel, qui détient un record de longévité au pouvoir en Europe et a déjà vu passer quatre présidents français, joue gros.

Elle doit affronter son "épreuve la plus difficile", juge le quotidien Süddeutsche Zeitung.

Faute d'accord sur une coalition, le risque de nouvelles élections serait grand: Angela Merkel n'a pas d'autres partenaires possibles à la chambre des députés pour former une coalition majoritaire et elle a exclu de prendre la tête d'un gouvernement minoritaire.

En cas de nouveau scrutin, elle n'aurait en effet aucune garantie de pouvoir se maintenir à la tête de son parti démocrate-chrétien, tant la contestation contre son cap centriste est importante suite à l'arrivée de plus d'un million de migrants depuis 2015 et à la poussée de l'extrême droite.

Son pouvoir "s'est érodé depuis le mauvais résultat électoral" des conservateurs au scrutin de septembre, "il s'érode aussi parce que la question de sa succession se pose de façon inévitable", après 12 ans au pouvoir, a estimé le politologue Frank Decker, interrogé sur la chaîne allemand Phoenix.

De nouvelles élections constitueraient une première dans l'Allemagne d'après-guerre. Et au vu des sondages, l'extrême droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) pourrait en profiter pour se renforcer encore.

Plusieurs points divisent les quatre formations, à commencer par l'immigration, sujet de discorde majeur dans le pays depuis l'arrivée en nombre des réfugiés.

Conservateurs et libéraux veulent un plafond de 200.000 demandeurs d'asile par an, refusé par les Verts qui réclament eux une reprise des regroupements familiaux pour les réfugiés n'ayant qu'un titre de séjour d'un an renouvelable.

- 'Paralysie' -

Les chrétiens-sociaux bavarois (CSU), alliés de Mme Merkel, rejettent en retour ces regroupements. Ils en font une question de principe au moment où leur domination électorale sans partage en Bavière est menacée par l'AfD, et que s'y profilent des élections régionales dans un an.

Les débats achoppent aussi sur la politique environnementale, que les Verts ne trouve pas assez ambitieuse.

Autre pomme de discorde: l'Europe. Les Verts se disent favorables aux propositions du président français Emmanuel Macron, notamment la création d'un budget de la zone euro, idée qui fait bondir les Libéraux.

La future coalition, profondément divisée, sera incapable d'agir, ce qui affaiblira l'Allemagne sur la scène européenne et nourrira "la paralysie" au sein de l'UE, a prédit vendredi le patron des sociaux-démocrates, Martin Schulz.

dsa/sba